NDDL : les projets des zadistes enfin déposés en préfecture

NDDL : les projets des zadistes enfin déposés en préfecture©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 20 avril 2018 à 21h21

Qualifiée dans un premier temps d'échec, la réunion de mercredi à la préfecture de Nantes entre les occupants de la "zone à défendre" et l'Etat aura peut-être finalement permis de débloquer la situation. Ainsi, vendredi, les occupants de l'ex-Zad de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ont effectué un premier pas vers une éventuelle régularisation, en déposant vendredi 40 dossiers à la préfecture de Nantes, dont 28 projets purement agricoles.

"Nous voulons stopper l'escalade de la tension sur la zone et obtenir enfin le temps nécessaire au dialogue et à la construction du projet que nous défendons", a déclaré l'un des huit représentants de la délégation d'opposants à l'ex-projet d'aéroport, à l'issue d'une réunion technique de plus de deux heures à la préfecture, uniquement consacrée aux futurs projets agricoles.

Parmi les 40 projets nominatifs, certains sont individuels et certains collectifs, a précisé la délégation, qui a pris "collectivement", jeudi soir, la décision de ce "geste très concret".

"Le Larzac n'est pas reproductible ici"

Mercredi, Nicolas Hulot avait lancé un "appel à la raison" aux zadistes. Le ministre de la Transition écologique et solidaire avait expliqué qu'"il n'y a pas d'autre issue (pour les "zadistes") que de saisir la main que le gouvernement leur a tendue" mi-janvier en renonçant à ce projet d'aéroport.

Il avait aussi confirmé le rejet de l'option d'une gestion collective des terres de la zone, comme cela avait été fait en 1984 dans le Larzac après l'abandon trois ans plus tôt de l'extension du camp militaire. "Le Larzac n'est pas reproductible ici", avait insisté Nicolas Hulot lors d'une conférence de presse en appelant "celles et ceux qui veulent construire l'avenir de ce territoire de faire ce pas qu'on leur demande de faire".

Après Nicolas Hulot, plusieurs associations ou collectifs opposés au projet d'aéroport avaient à leur tour pressé les occupants à "saisir la main tendue" par le gouvernement.

La préfète salue un "gros travail" accompli par les "zadistes"

Les occupants ont donc accepté les conditions de la préfecture, qui leur demandait de remplir des formulaires individuels devant comporter leur nom et les grandes lignes de leur projet agricole ou para-agricole, un préalable à l'éventuelle signature par l'Etat de baux précaires.

Le gouvernement, qui avait donné aux zadistes jusqu'à lundi soir pour faire ces démarches, sous peine de nouvelles expulsions, après la destruction la semaine dernière de 29 squats sur les quelque 97 recensés.

La préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, a affirmé vendredi lors d'une déclaration à la presse que les occupants "ont fait un gros travail, il faut le reconnaître et ils ont amené une vingtaine de projets nominatifs, donc le nom, une adresse, un projet qu'on va bien sûr examiner de près d'ici lundi soir".

Une convention avec les 4 agriculteurs historiques

Sur la question d'éventuelles nouvelles expulsions, la préfète a répondu que "ce n'est pas moi qui décide évidemment, c'est une décision du gouvernement".

Par ailleurs, la préfète doit signer mardi des conventions d'occupation précaires avec les quatre agriculteurs historiques, qui avaient refusé de céder leurs biens au concessionnaire du projet d'aéroport, et qui exploitent environ 310 hectares.

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