Ne pas payer la facture du Brexit ne constituerait pas un défaut, selon les grandes agences

Ne pas payer la facture du Brexit ne constituerait pas un défaut, selon les grandes agences
Maire de Londres, Boris Johnson, venez à londres l

Boursier.com, publié le lundi 10 juin 2019 à 16h35

Le favori pour diriger le Royaume-Uni, Boris Johnson, refuse de payer la note, estimée à 44 milliards d'euros.

Boris Johnson, favori pour succéder à Theresa May à la tête du gouvernement britannique, a menacé ce week-end de ne pas payer la "facture" du Brexit s'il devient Premier ministre, dans le but d'obtenir un meilleur accord de sortie de l'Union européenne. Ces propos lui ont valu une réponse cinglante de la France, qui a averti qu'une telle attitude serait "équivalente" à un défaut sur la dette souveraine.

Le non paiement des 39 milliards de livres (44 milliards d'euros) promis par Londres à l'Union européenne dans le cadre du projet initial de Brexit ne constituerait pas un défaut souverain, ont estimé lundi les trois principales agences de notation.

"Nos notes s'appliquent aux obligations de dette commerciale", a déclaré à Reuters Aarti Sakhuja, principale analyste de S&P Global pour le Royaume-Uni.

Seulement les risques encourus

Un porte-parole de Fitch a déclaré que cela n'équivaudrait pas à un défaut pour cette agence, et Moody's a exprimé le même point de vue.

"Les notes souveraines concernent les risques encourus par les investisseurs privés et non ceux assumés par des entités officielles", avait fait savoir Moody's en 2015 quand la Grèce renégociait les termes de prêts obtenus de la zone euro et du Fonds monétaire international dans le cadre de ses plans de sauvetage.

Engagements financiers

L'ancien ministre des Affaires étrangères et ex-maire de Londres est l'un des 11 candidats à la succession de Theresa May à la tête du Parti conservateur dont elle a officiellement démissionné vendredi, n'ayant pas réussi à fédérer les Britanniques derrière son plan de sortie de l'Union européenne.

"Je pense que nos amis et partenaires doivent comprendre que l'argent sera conservé jusqu'à ce que nous soyons plus au clair sur ce qui nous attend. Pour obtenir un bon accord, l'argent est un excellent solvant et un très bon lubrifiant", déclare BorisJohnson dans une interview accordée au Sunday Times.

La "facture du Brexit" correspond à la part des engagements financiers que Theresa May a accepté en décembre de verser aux prochains budgets européens, soit une somme de 35 à 39 milliards de livres (39 à 44 milliards d'euros) - l'Union européenne n'a jamais validé ce montant.

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