Néonicotinoïdes : "On ne va pas les réintroduire", assure Barbara Pompili

Néonicotinoïdes : "On ne va pas les réintroduire", assure Barbara Pompili
Barbara Pompili

Boursier.com, publié le jeudi 08 octobre 2020 à 17h38

L'Assemblée nationale a validé mardi le retour temporaire de ces insecticides, réputés "tueurs d'abeilles", en cas de danger sanitaire pour les betteraves sucrières...

Mardi dernier, l'Assemblée nationale a validé le retour temporaire des néonicotinoïdes en cas de danger sanitaire pour la filière betterave, dont les récoltes sont anéanties par une maladie transmise par des pucerons. Alors que cette réintroduction suscite de vives inquiétudes des ONG, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili est revenue ce jeudi sur la question.

"On ne va pas les réintroduire... Arrêtez de faire peur aux gens, on a juste quelques dérogations ultra-ciblées sur une filière qui est la betterave", a assuré la ministre sur 'franceinfo'. "On ne va pas réintroduire, c'est juste qu'on se donne un tout petit peu de temps sur un point qui pose problème", a-t-elle insisté.

"Quand je vais me retourner, quand j'aurai arrêté ma carrière politique parce que ça s'arrête un jour, je pourrais me dire que grâce à moi, et à d'autres qui se sont battus avec moi, aujourd'hui, il n'y a plus de néonicotinoïdes en France et ça, je l'aurais à mon crédit", a-t-elle poursuivi.

"Quasiment débarrassé de ces saletés"

Sous la pression de l'industrie sucrière, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a pour rappel autorisé dès cet été le retour des néonicotinoïdes pour la culture des betteraves jusqu'en 2023. Ces insecticides, réputés "tueurs d'abeilles", n'étaient plus autorisés en France depuis septembre 2018, suite à la loi biodiversité de 2016. Un texte qui était à l'époque défendu par Barbara Pompili.

À l'époque, "j'étais bien seule à défendre cette interdiction. Je suis très heureuse qu'on l'ait voté et je suis très heureuse qu'aujourd'hui, on se soit quasiment débarrassé de ces saletés puisque ce sont des saletés", a-t-elle ainsi affirmé.

"Pas de renoncement"

A l'issue du Conseil des ministres de mercredi, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a également assuré qu'il "n'y a pas de renoncement" du gouvernement sur l'écologie, malgré l'adoption mardi du projet de loi controversé permettant la réintroduction temporaire de ces insecticides. "Il me semble difficile aujourd'hui de parler de renoncement sur la question environnementale quand nous défendons le plan de relance qui prévoit plus de 30 milliards d'euros pour la transition écologique", a-t-il affirmé.

Greenpeace France a dénoncé de son côté "une régression écologique majeure dont les député(e)s LREM qui ont voté ce texte devront désormais assumer la responsabilité devant les citoyen(ne)s". "Malgré les preuves scientifiques et la pression de l'opinion publique, ce gouvernement continue d'encourager l'empoisonnement des sols, des animaux et des assiettes", a écrit l'ONG sur Twitter...

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