Nokia : "Pas question de laisser Lannion mourir à petit feu", pour Agnès Pannier-Runacher

Nokia : "Pas question de laisser Lannion mourir à petit feu", pour Agnès Pannier-Runacher
Nokia, plan social.

Boursier.com, publié le lundi 27 juillet 2020 à 16h29

La ministre déléguée à l'Industrie affirme "contester" le plan social de l'équipementier télécoms finlandais qui prévoit notamment de supprimer 402 emplois sur son site de Lannion....

Agnès Pannier-Runacher est au chevet des salariés de Nokia... La ministre déléguée auprès du ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance, chargée de l'Industrie s'est rendue ce lundi à Lannion (Côtes-d'Armor) pour rencontrer les syndicats de Nokia, site visé par un plan social prévoyant la suppression de 402 emplois. "Il n'est pas question de laisser Lannion mourir à petit feu, et je conteste ce plan social de Nokia", a-t-elle affirmé un peu plus tôt dans la journée sur 'CNews'...

"Je ne comprends pas comment Nokia peut faire un plan social aujourd'hui, alors qu'ils sont positionnés dans les équipements télécoms et la 5G" et sur la cybersécurité "qui sont des marchés d'avenir", et que "Lannion réunit des forces de R&D dans ces deux domaines", a poursuivi Agnès Pannier-Runacher.

L'enjeu de cette visite ministérielle est "de prendre la mesure de ce que veut faire Nokia", a précisé la ministre déléguée. Selon elle, "Nokia aujourd'hui n'a pas de patron, nous devons avoir un interlocuteur qui a un propos stratégique, pas des gens qui n'ont pas de vision pour l'entreprise, pas de vision pour l'empreinte industrielle de Nokia en France...".

Vers une fermeture pour les syndicats

"La France doit être un des pays essentiels dans la stratégie de Nokia. Si ce n'est pas le cas, nous devons en tirer les conséquences", a-t-elle également averti, rappelant que le gouvernement soutenait "de manière massive tous les programmes de développement en matière de télécoms".

Pour rappel, l'équipementier télécoms finlandais Nokia avait confirmé fin juin son intention de supprimer 1.233 postes au sein de sa filiale Alcatel-Lucent International en France, parmi lesquelles plus de la moitié des 772 postes du site de Lannion. Selon les syndicats, cette décision mènera inévitablement à sa fermeture...

Un plan de sauvegarde de l'emploi "incompréhensible"

"On espère pouvoir faire le point avec la ministre concernant le dossier", a expliqué Fabien Trémulot, délégué central CFDT de Nokia-Lannion à 'Europe 1', évoquant "un plan de sauvegarde de l'emploi incompréhensible parce que Nokia va bien", alors que le marché des télécommunications est très concurrentiel.

Sur 'BFM Business' fin juin, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger avait également dénoncé cette décision. "Il y a les entreprises qui utilisent cette période-là pour faire des plans sociaux qui sont inacceptables, c'est le cas de Nokia", avait-il affirmé, rappelant que l'entreprise "s'était engagée à maintenir de l'emploi jusqu'en juin 2020"... Au 1er juin, "elle annonce que les jeunes ingénieurs qu'elle avait embauchés, elle les mettra dehors, ce n'est pas acceptable !", avait-il ajouté.

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