Notre-Dame-des-Landes: le projet d'aéroport abandonné après des années de controverse

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 Les militants de la Zad de Notre-Dame-des-Landes se réjouissent de la décision du gouvernement d'abandonner le projet d'aéroport, le 17 janvier 2018

Les militants de la Zad de Notre-Dame-des-Landes se réjouissent de la décision du gouvernement d'abandonner le projet d'aéroport, le 17 janvier 2018

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© AFP, LOIC VENANCE

AFP, publié le jeudi 18 janvier 2018 à 07h23

Après des années de controverse, l'exécutif a choisi mercredi d'abandonner le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, malgré des décisions de justice et une consultation locale favorables, au profit d'un réaménagement de l'actuel aéroport de Nantes.

"Les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet de Notre-Dame-des-Landes", devenu "l'aéroport de la division", a jugé Edouard Philippe lors d'une déclaration à l'issue du Conseil des ministres.

 S'il a, comme attendu, appelé les "squatteurs" dans la "zone de non-droit" de la " Zad" à quitter les lieux, le Premier ministre leur a donné "jusqu'au printemps" pour partir "d'eux-mêmes".

A la fin de la trêve hivernale, "nous pourrons constater le départ volontaire des occupants le 30 mars. Et si tel n'est pas le cas, nous commencerons à procéder aux expulsions", a-t-il précisé à TF1.

Dans l'immédiat, Edouard Philippe les a sommés de rendre les routes bloquées "à la libre circulation de tous", faute de quoi les forces de l'ordre "procéderont aux opérations nécessaires", "dans quelques jours".

La maire PS de Nantes, Johanna Rolland, a parlé de "trahison" et de "déni de démocratie", tout comme son prédécesseur, l'ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le président socialiste du conseil départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet, a dénoncé le premier "reniement de la parole" d'Emmanuel Macron.

- Explosion de joie dans la Zad -

Malgré les multiples rejets des recours en justice des anti-aéroport, le soutien au projet d'une majorité des élus de Bretagne et des Pays-de-la-Loire, et une consultation locale favorable (55,17%) en Loire-Atlantique en juin 2016, l'exécutif a préféré lâcher "NDDL".

"Grande victoire des zadistes", a déploré le patron des sénateurs LR et ancien président des Pays de la Loire, Bruno Retailleau. "Il n'y avait pas de bonne décision", s'est défendu le Premier ministre devant l'Assemblée nationale dans l'après-midi.

L'opinion publique, elle, est massivement favorable: de 74% à 78% des Français approuvent l'abandon du projet d'aéroport selon les instituts Elabe pour BFMTV et Harris Interactive pour RMC et Atlantico. 76% et 73% estiment aussi que les "zadistes" devront quitter les lieux. 

L'alternative retenue est d'aménager l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, qui sera "modernisé" et dont la piste devra être prolongée.

L'annonce de la décision a déclenché une explosion de joie dans la Zad, où une vingtaine d'occupants ont ouvert du champagne et entonné des chants, en s'embrassant, a constaté un photographe de l'AFP.

"C'est une immense joie pour tous ceux qui ont lutté contre le projet. Je pense aux anciens de la lutte qui sont partis", s'est réjoui Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, principale association d'opposants.

A Nantes, environ 500 personnes ont fêté la décision en défilant dans le centre ville en scandant: "Ce n'est qu'un début, continuons le combat!"

Le mouvement anti-aéroport s'est engagé à rouvrir les accès à la Zad, tout en disant son "refus de toute expulsion" de ceux qui se sont installés illégalement sur place. Une "grande fête de l'abandon" est prévue sur place le 10 février.

- Discussion avec Vinci -

Né dans les années 60, relancé en 2000, attribué à Vinci par appel d'offres en 2010, le projet d'aéroport "du Grand Ouest" était devenu le symbole des atermoiements du quinquennat Hollande et le conflit environnemental le plus emblématique du pays.

Pour ses partisans, le nouvel aéroport devait permettre d'accompagner le développement attendu du trafic aérien depuis Nantes, une des villes françaises à la plus forte croissance. 

Le Premier ministre a reçu les parlementaires de Loire-Atlantique en début d'après-midi à Matignon. L'un d'eux, le LREM Yves Daniel, envisage de "renvoyer sa carte d'électeur" à son parti. Politiquement, la décision est une victoire pour le ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot.

"Je ressens du soulagement car il était temps pour tout le monde de décider, et de passer à autre chose", a-t-il dit au Parisien. Saluant "la moins mauvaise des solutions", il a aussi affiché sa fermeté face aux "zadistes": "la décision du gouvernement n'est en aucun cas une licence pour reproduire ce type d'action".

"+Gouverner c'est choisir+. C'est ce qu'après des années de tergiversations vient de faire courageusement Edouard Philippe", a écrit mercredi soir l'ancien Premier ministre Alain Juppé, sur Twitter.

Pour ses opposants, Notre-Dame-des-Landes était devenu un de ces "grands projets inutiles" sacrifiant le bocage au nom du développement d'un mode de transport contradictoire avec les objectifs de la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Son abandon soulève la question de l'indemnisation prévue pour Vinci qui, selon le rapport remis à Edouard Philippe, pourrait aller jusqu'à 350 millions d'euros.

Il y aura "une discussion entre l'Etat et son concessionnaire, qui portera sur les conditions dans lesquelles il peut y avoir ou non indemnisation", a dit M. Philippe à TF1, rappelant que Vinci exploitait déjà l'aéroport nantais actuel.

Elle portera aussi sur "les conditions dans lesquelles on va exploiter à l'avenir Nantes-Atlantique, y compris en finançant un certain nombre de travaux", a-t-il précisé.

bur-map-asl/chr/are/cam/bd

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11 commentaires - Notre-Dame-des-Landes: le projet d'aéroport abandonné après des années de controverse
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    Naturalibus -

    Vive le printemps !!
    MERCI AUX RESISTANTS qui nous permettent, nous les contribuables (vous savez bien que tous ces pouilleux sont des assistés qui ne paient aucun impôt ... en même temps, ils ne demandent rien à l'Etat en contrepartie ;-)) de payer moins d'impôts puisque nous allons faire des économies sur les subventions offertes par les collectivités territoriales à une multinationale qui a engrangé un petit trésor de guerre sur le dos des personnes qui ont acheté un billet d'avion à Nantes depuis 2010, à peu près 15 millions €/an, soit environ 100 millions €).

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    Ybvoeus -

    Abandonner ce projet est une erreur politique et surtout un mépris pour ceux qui ce sont déplacés pour voter au référendum qui avait vu la victoire du oui à la construction de l'aéroport .

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    presov -

    Tous les articles sur ce site vont dans le sens d'un soutien à macron

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    berald -

    Qn vient d"assister à un camouflet pour la république. Macron s'incline devant des voyous. Qui les nourrit dans la zad ? qui les finance ? et nous allons payer des impôts pour les sortir et remettre le terrain en état !

    En France il va suffire de se révolter et mettre le ""bordel" pour faire céder l'état. . Bravo Macron

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    arsinoer1 -

    oui et ici aussi on va pas cédé de l'A 45 on veux pas ! ! ! on attent les zadistes pour nous prêté mains forte

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    FelixM -

    Cela fait des décennies que l'Etat cède à la rue et à qui braille le plus fort. Incriminer Macron est faire preuve de bien courte mémoire.

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    ij89-ua -

    Je me réjouis de voir enfin un gouvernement qui prend des décisions non pas en fonction de ce qu'on lui dit de faire, mais après avoir pris connaissance des dossiers et les avoir étudiés.
    Je ne connais pas le dossier, pas plus que la plupart de ceux qui critiquent la décision d'ailleurs, mais j'ai la conviction que si cette décision a été prise, c'est parce que cet aménagement n'en valait pas le coup.

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    ouvrierpcf -

    je suis révolté de voir un gouvernement contredire les résultats d'un vote populaire de citoyens de la République il prend donc des décisions contre la démocratie Comment il ne connaît pas les résultats du référendum?? et vous non plus ij89 ua ?? étudier un dossier c'est donc falsifier un vote
    cet abandon va couter enfin va rapporter aux actionnaire d'une grande société sans aucun investissement de celle ci comme pour les radars de Ségolène ROYAL c'est beau les connaisseurs de dossiers

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