Nouveaux déboires pour Facebook autour de l'utilisation de données personnelles

Nouveaux déboires pour Facebook autour de l'utilisation de données personnelles
Logo Facebook le 21 novembre 2016

AFP, publié le lundi 19 mars 2018 à 19h25

Facebook dégringolait en Bourse lundi à la suite de la révélation de l'utilisation des données personnelles de millions d'utilisateurs par une société liée à la campagne de Donald Trump, une polémique qui, selon des experts, pourrait menacer son modèle économique.

Vers 18h00 GMT lundi, le titre Facebook chutait de 6,5% à 173,06 dollars. 

En Europe et aux Etats-Unis, de nombreuses voix exigeaient des investigations après que les journaux américain New York Times et britannique Observer ont affirmé ce week-end que l'entreprise britannique Cambridge Analytica (CA), spécialisée dans la communication stratégique, avait récupéré sans leur consentement les données de 50 millions d'utilisateurs pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d'influencer le vote des électeurs.

CA a travaillé pour la campagne du candidat républicain Donald Trump, élu président des Etats-Unis fin 2016. Facebook a indiqué avoir fermé le compte de la firme.

Ces révélations tombent d'autant plus mal que Facebook - mais aussi Twitter ou Google - sont accusés depuis des mois d'avoir servi de plates-formes de manipulation de l'opinion publique, en particulier par des entités liées à la Russie lors de la campagne présidentielle américaine ou celle du référendum sur le Brexit en 2016.

"C'est une brèche énorme sur laquelle il convient d'enquêter. Il est évident que ces plates-formes (technologiques) ne peuvent se réguler elles-mêmes", a lancé sur Twitter la sénatrice démocrate Amy Klobuchar, qui demande que le patron de Facebook Mark Zuckerberg mais aussi ceux de Google et Twitter soient auditionnés par le Congrès.

"Effroyable, si confirmé", a déclaré pour sa part Vera Jourova, la commissaire européenne en charge de la protection des données personnelles, qui compte demander des "clarifications" à Facebook.

En Grande-Bretagne, le parlementaire Damian Collins a lui aussi indiqué qu'il exigerait des explications après de Facebook comme de CA.

"Nous avons demandé à plusieurs reprises à Facebook de dire comment les entreprises (tierces) achetaient et détenaient les données (...), et en particulier si des données avaient été récupérées sans le consentement des utilisateurs", a écrit M.Collins, à la tête de la commission du numérique, de la culture, des médias et du sport.

"Leurs réponses ont systématiquement sous-estimé ce risque et étaient fallacieuses", a-t-il asséné.

Selon des experts interrogés par l'AFP, cette nouvelle polémique est très mauvaise pour Facebook car elle pourrait accentuer la pression pour des règles plus strictes sur l'utilisation des données, qui constituent le cœur de son modèle économique.

Pour Brian Wieser (Pivotal Research), ces révélations mettent en lumière "des problèmes systémiques chez Facebook". Même si elles ne devraient pas avoir d'impact immédiat sur les finances du réseau social, elle "renforcent" les "risques".

D'après l'enquête, Cambridge Analytica a pu créer les profils psychologiques de 50 millions d'usagers à partir d'une application qui s'affichait sur Facebook comme "une application de recherche utilisée par les psychologues". Elle proposait de payer les utilisateurs pour remplir des tests de personnalité.

CA nie avoir utilisé ces informations à des fins malveillantes.

Quant à Facebook, il a réfuté l'idée d'une brèche et laisse penser que le problème ne concernerait qu'un bien plus petit nombre d'utilisateurs.

Jennifer Grygiel, spécialiste des réseaux sociaux à l'Université de Syracuse, pense aussi que ces révélations vont augmenter la pression sur ces entreprises. "L'auto-régulation ne fonctionne pas", explique-t-elle.

Pour elle, ce scandale est le fruit de réglementations trop "légères", qui ont permis à Facebook et à ses partenaires d'exploiter ces données en dehors de tout contrôle.

"C'est à cela qu'ils doivent leur croissance. Ce n'était pas une erreur", dit-elle encore.

Pour Daniel Kreiss, enseignant en médias et communications à l'Université de Caroline du Nord, Facebook n'a pas compris la différence entre publicités commerciales et publicités politiques.

"Que Facebook semble ne pas faire la différence entre vendre des baskets et vendre un programme présidentiel est un gros problème", dit-il.

Facebook et les autres groupes technologiques vont bientôt devoir composer avec les nouvelles lois sur les données privées, comme le règlement européen général sur la protection des données en mai, souligne David Carroll, enseignant à la Parsons School of Design.

"Facebook et Google vont devoir demander à leurs utilisateurs bien plus d'autorisations pour utiliser leurs données", dit-il, "et beaucoup de gens refuseront, donc je pense que cela aura un énorme impact sur ces entreprises", ajoute l'enseignant.

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2 commentaires - Nouveaux déboires pour Facebook autour de l'utilisation de données personnelles
  • avatar
    JON-DE-LIONNE -

    le 19 03 2018 à 15 46

    Mais si réellement M. Dechuckberg ne va pas bien j'ose espérer que M. Hamon du parti socialisant français lui renverra ascenseur en proposant à M. Dechuckberg de percevoir le revenu universel de la galaxie mondiale... Si si je vous assure c'est bien M. Dechucberg qui veut le même salaire pour chaque individu humain............. de l'humanité de la terre.......... non loin de la terre de Elon Musk qui lui, veut mourir sur Mars ( c'était dans la dernière bande dessinée qu'il ait pu comprendre que les choses se passaient ainsi ! Ca devient pénible ces années d'adolescences d'adolescents attardés qui n'en finissent pas !)...excepté pour certains comme lui qui sont des demis dieux ou des dieux entiers et voire un peu plus que des dieux et demi... et qui ne sont donc pas à être considérés comme des hommes de ce bas monde...

    Du réseau social qu'ils disaient....! et dire qu'en France nous avons un Macron qui voudrait que la France soit de ce modèle la...quelle plaie tout de même que ces imbéciles qui se croient dans un monde disruptif et se permettent de considérer que ceux qui leur ont donné la vie comptent pour des moins que rien.
    Quand vous entendez un Darmanin venir vous dire que sa génération se doit de corriger les erreurs du passé, on ne peut que se dire que les générations du passé n'auraient jamais du accepter sur notre sol des générations d'imbéciles qui n'ont jamais accepté de se corriger elles mêmes des erreurs de leur propre passé. Je n'entends pas de français, si français dans leur sens humanistes, venir dire et heureusement que la France serait en droit de corriger les erreurs du présents...sinon Des gens comme Darmanin seraient immédiatement corrigés. Ca les dérangeraient beaucoup ces imbéciles ( je suis désolé , je suis du signe du caméléon et quand on me prend pour un con , moi je prend la couleur de l'environnement) que d'apprendre ce que signifie le mot humilité et respecter ceux qui les ont accueillis ?

    Il est complémentent dépassé ce Dechucberg, il est de l’ancien monde, il n'est plus rien, il va disparaître, c'est ça le prochain défit de l'humanité : faire disparaître aussi vite qu'ils apparaissent les imbéciles qui se croient investis d'une mission divine.

    Pourquoi croire en de nouveaux dieux quand ceux la même qui voudraient devenir Dieu vous expliquent que Dieu n’existe pas ?

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    FelixM -

    Les républicains n'ont donc pas eu besoin des Russes pour tricher lors de ces élections. Mais abondance de biens ne nuit pas, la coalition de deux tricheurs vaut mieux qu'un seul.