Nouvelle-Calédonie: Vale annonce la vente de son usine de nickel

Nouvelle-Calédonie: Vale annonce la vente de son usine de nickel
L'usine métallurgique de nickel et de cobalt du groupe Vale sur le site de Goro, en Nouvelle Calédonie, le 27 mai 2015

AFP, publié le mercredi 09 décembre 2020 à 10h22

Le groupe brésilien Vale a annoncé mercredi la vente de son usine de nickel en Nouvelle-Calédonie à un consortium calédonien et international, incluant le négociant en matières premières Trafigura, qui suscite sur place une forte hostilité des indépendantistes et des autorités kanak.

Cette annonce est intervenue après plusieurs jours de barrages, de blocages et d'affrontements avec les forces de l'ordre et les violences sont encore montées d'un cran mercredi avec l'incendie d'une station-service et de nouveaux barrages. 

"Le consortium mené par la direction et les employés de Vale Nouvelle-Calédonie, (...) avec Trafigura comme actionnaire minoritaire, est heureux d'annoncer qu'il a conclu un accord ferme aujourd'hui pour l'achat des parts de Vale Nouvelle-Calédonie",  a indiqué dans un communiqué Vale-NC.

L'industriel précise que "cette solution de reprise assurera la poursuite de l'exploitation et du développement de l'usine (sud de l'archipel) dans le respect de ses responsabilités sociétales et environnementales par une nouvelle société (baptisée) Prony Ressources, détenue à 50% par des investisseurs calédoniens."

"Le projet d'entreprise de Prony Ressources permettra de garantir plus de 3.000 emplois directs et indirects", selon Antonin Beurrier, actuel président de Vale Nouvelle-Calédonie, ajoutant que "ce schéma représente la seule alternative à la mise en sommeil du site".

Après avoir perdu plusieurs milliards de dollars, Vale avait annoncé il y a un an sa volonté de quitter la Nouvelle-Calédonie où il exploite une usine métallurgique de nickel et de cobalt, adossée au riche et stratégique gisement de Goro. Confrontée à d'importants aléas techniques, l'unité a été redimensionnée avant sa mise en vente et fabrique un produit intermédiaire (Nickel hydroxyde cake, NHC), destiné au marché des batteries des voitures électriques.

La reprise de cette usine est un dossier explosif, qui attise les tensions entre indépendantistes et non indépendantistes. 

Les indépendantistes du FLNKS, du collectif "Usine du sud: usine pays" et de l'Instance coutumière autochtone de négociations (ICAN) sont totalement opposés au montage avec Trafigura. 

Partisans d'un nationalisme minier, ils défendaient une offre concurrente en partenariat avec Korea Zinc, qui a été écartée par Vale avant que le groupe coréen annonce lundi qu'il se retirait de la course.

Mercredi, les tensions et violences ont augmenté, avec des barrages tenus par ces opposants et des contre-barrages dressés par des loyalistes à Païta, au nord de Nouméa. Dans la nuit, une station-service a été incendiée au Mont-Dore et toutes les stations-service seront fermées jeudi "afin d'obliger l'Etat à maintenir l'ordre public". 

"Des bandes armées ont attaqué à plusieurs reprises les forces de l'ordre. Des affrontement successifs se sont déroulés tout au long de la nuit et nous déplorons des commerces brûlés, un parc saccagé et un blessé parmi  nos sapeurs-pompiers", a déclaré le maire du Mont-Dore, Eddie Lecourieux dans un communiqué.

Dénonçant l'inaction de l'Etat, entre 500 et 1.000 personnes se sont réunies mardi soir à l'appel de l'ancien maire de Païta, Harold Martin (droite), pour mettre en place des contre-barrages et inviter "les citoyens à se défendre".

Compte tenu de cette escalade, le haut-commissaire Laurent Prévost a pris un arrêté pour interdire le port et le transport des armes à feu et armes blanches.

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu doit réunir jeudi en visioconférence les principaux acteurs politiques calédoniens sur ce dossier, mais les indépendantistes ont indiqué qu'ils boycotteraient le rendez-vous.

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