Nouvelle charge de Bruno Le Maire contre le Libra de Facebook

Nouvelle charge de Bruno Le Maire contre le Libra de Facebook©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 12 septembre 2019 à 14h42

Cette nouvelle monnaie suscite beaucoup de questions, mais aussi de critiques, alors que le réseau social compte plus de deux milliards d'utilisateurs actifs dans le monde.

Les nuages s'accumulent au-dessus du Libra... Facebook ne peut être autorisé à développer sa cryptomonnaie en Europe, a estimé jeudi Bruno Le Maire, estimant que cela soulève des "risques d'abus de position (...) des risques de souveraineté (...) et des risques pour les consommateurs et pour les entreprises".

Le ministre français de l'Economie et des Finances joint ainsi sa voix à celles de responsables politiques et banquiers centraux à travers le monde mettant en garde contre les dangers du projet Libra, dévoilé vers la mi-juin par Facebook, qui veut le lancer au premier semestre 2020.

"Risque systémique"

"Libra soulève aussi une risque systémique à partir du moment ou il y a deux milliards de consommateurs. Toute défaillance dans le fonctionnement de cette monnaie, dans la gestion de ses réserves pourrait créer des désordres financiers considérables", a déclaré Bruno Le Maire, lors d'une conférence de l'OCDE consacrée aux défis des cryptomonnaies.

"Toutes ces préoccupations sur Libra sont sérieuses, je veux dire donc avec beaucoup de clarté (que) dans ces conditions nous ne pouvons pas autoriser le développement de Libra sur le sol européen."

Devise numérique

Libra, dont le lancement est prévu au premier semestre 2020, sera une devise numérique fonctionnant à partir de la technologie blockchain, censée assurer la transparence et la sécurité de toutes les transactions. L'objectif sera de permettre aux utilisateurs de Facebook et aux sites marchands de procéder à des transactions commerciales dans l'environnement Facebook, qui compte deux milliards d'utilisateurs dans le monde.

Facebook s'est associé à 28 partenaires tels que les spécialistes des paiements Mastercard et Visa, des entreprises commerciales comme Iliad, Spotify ou Uber et des sociétés de capital investissement comme Andreessen Horowitz. Aucune banque ne participe pour l'instant.

Cette nouvelle monnaie suscite beaucoup de questions, mais aussi de critiques. Un des fondateurs du réseau social, Chris Hughes, estime par exemple que le projet de cryptomonnaie de Facebook risque de transférer l'essentiel du contrôle de la politique monétaire des banques centrales vers des entreprises privées, dans une tribune publiée dans le 'Financial Times'. "Si les autorités de régulation dans le monde n'agissent pas maintenant, il pourrait très rapidement être trop tard", écrit-il.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.