Nouvelle intrusion au siège de la CFDT à Paris

Nouvelle intrusion au siège de la CFDT à Paris
Laurent Berger CFDT

Boursier.com, publié le lundi 20 janvier 2020 à 15h53

"Cette nouvelle attaque (...) est inacceptable", dénonce le syndicat.

Le siège parisien de la CFDT a de nouveau été la cible lundi matin d'une action des opposants à la réforme des retraites. Après l'intrusion vendredi de militants, "une quinzaine d'individus cagoulés se sont introduits dans le bâtiment dans le but de couper l'électricité générale", précise la commission exécutive de la CFDT dans un communiqué. "Cette nouvelle attaque (...) est inacceptable", ajoute-t-elle.

L'opération a été revendiquée par la CGT-Energie d'Ile-de-France. "(Laurent) Berger négocie les couleurs et les formes de nos futures chaînes et celles de nos enfants, sans jamais avoir participé à la grève reconductible contre la retraite à points", peut-on lire dans un communiqué. "Ce matin (...) le siège confédéral de la CFDT à Paris a perdu l'électricité et c'est la collaboration de classe qui a été plongée dans l'obscurité", ajoute le syndicat.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a annoncé lundi matin sur BFM TV et RMC le dépôt d'une plainte après l'action de vendredi - il s'agissait déjà d'une intrusion dans les locaux parisiens du syndicat.

"Quelques dizaines d'individus se sont introduits violemment dans les locaux de la confédération CFDT ce midi", a fait savoir le secrétaire général de l'organisation réformiste via Twitter, sans donner de précisions sur l'identité de ces personnes. "Ils ont agressé verbalement et physiquement des salariés de la CFDT", a ajouté Laurent Berger, précisant que son syndicat ne se laisserait pas "intimider".

Ces violences se sont produites sur fond de mouvement social contre le projet gouvernemental sur l'avenir des retraites, qui a fait apparaître des divergences entre les syndicats contestataires - CGT en tête - partisans d'un retrait de la réforme et les organisations réformistes, sur une ligne plus conciliante...

La CFDT s'est longtemps opposée à l'introduction d'un âge pivot fixé à 64 ans, auquel l'exécutif a provisoirement renoncé, mais soutient le principe d'un basculement vers un système universel de retraites par points.

"Il n'y a ni violence, ni verbale ni physique, par contre un de vos dirigeants a déchiré la veste d'un gréviste présent. Un autre a bousculé une gréviste", a écrit sur son compte Twitter Anasse Kazib, qui se présente comme un cheminot membre de Sud Rail...

"Ce n'est pas contre les adhérents de la CFDT, mais contre la bureaucratie qui porte ici le nom de Laurent Berger et est en train de négocier la régression sociale", a déclaré ce dernier dans un mégaphone devant les locaux de la CFDT.

"Je n'en peux plus"

Laurent Berger avait déjà été interrogé jeudi dernier sur ces menaces, au micro de franceinfo. "Je ne supporte plus cette idée que dans cette démocratie, lorsqu'on n'est pas d'accord, on serait un ennemi et on serait à abattre. Je n'en peux plus ! Sur les réseaux sociaux, tout un tas de conneries, excusez-moi du terme, circulent". Des attaques plus basses les unes que les autres et je ne me laisserai pas faire !".

Plusieurs rumeurs circulent, notamment sur le fait qu'une des filles de Brigitte Macron, Tiphaine Auzière, serait l'avocate de la CFDT. "Un, c'est faux. Deux, si c'était vrai, je ne vois pas en quoi ce serait un problème ou en quoi il y aurait un conflit d'intérêt. Et puis trois, elle a fait un stage quand elle était étudiante en 2008-2009 dans une structure CFDT comme font beaucoup d'étudiants. Dans ce cadre-là, elle a fait de la défense individuelle des salariés", a expliqué le secrétaire général de la CFDT.

"Je ne supporte plus ces propos-là. On raconte tout un tas de bêtises, y compris des élus qui relaient ça", a dénoncé le syndicaliste...

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