Nouvelle surenchère dans les tensions entre la Chine et les Etats-Unis

Nouvelle surenchère dans les tensions entre la Chine et les Etats-Unis
Guerre commerciale Etats-Unis Chine

Boursier.com, publié le vendredi 24 juillet 2020 à 11h18

Le tout dernier épisode d'un feuilleton qui risque de prendre de l'ampleur, à l'approche de la présidentielle américaine.

C'est reparti de plus belle entre les Etats-Unis et la Chine... Le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué avoir demandé vendredi aux Etats-Unis de fermer leur consulat à Chengdu, dans le centre du pays. Une réponse à Washington, qui a sommé cette semaine Pékin de fermer son consulat à Houston, au Texas, "dans le but de protéger la propriété intellectuelle américaine et les informations privées des Américains".

La décision de fermer le consulat américain à Chengdu est lourde de conséquences : elle va non seulement évincer les diplomates américains de la capitale de la province du Sichuan - une région dont la population
est quasi-aussi importante que celle de l'Allemagne, mais elle fermera aussi un accès-clef au Tibet voisin, au coeur lui aussi de nombreux différents entre Pékin et les pays occidentaux.

Faire de la Chine un ennemi

Les fermetures de consulats illustrent le degré alarmant de dégradation des relations entre les deux plus grandes économies du monde, les États-Unis essayant d'enrayer la montée en puissance de leur rival. Le président Donald Trump et ses collaborateurs ont intensifié leurs attaques contre la Chine à l'approche de l'élection américaine de novembre, accusant Pékin d'espionnage, avec notamment l'épineux dossier Huawei, et même d'avoir été à l'origine de la pandémie de coronavirus.

Le secrétaire d'État américain Michael Pompeo est allé jusqu'à déclarer ces dernières heures que le président Xi Jinping et les dirigeants chinois tentaient de "tyranniser à l'intérieur et à l'extérieur de la Chine" dans leur quête d'une hégémonie mondiale.

Les observateurs estiment aussi que l'administration Trump n'a pas choisi de faire de la Chine un ennemi par hasard. La cote du président sortant n'est pas bonne, et il est même devancé par son concurrent, le probable futur candidat du Parti démocrate Joe Biden, qui creuse l'écart dans les enquêtes d'opinion pour la présidentielle de novembre.

Affaibli et très critiqué pour sa gestion du coronavirus - les Etats-Unis sont le pays le plus touché dans le monde et a franchi le cap des 4 millions de contaminations - le locataire de la Maison blanche tenterait de détourner l'attention sur son mauvais bilan, en se trouvant un ennemi extérieur, comme il l'a fait par le passé avec l'Iran.

Eventail de problèmes

Les relations entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales se sont détériorées au fil de l'année à propos d'un éventail de sujets dont le commerce, malgré un accord décroché en début d'année entre les deux parties, après de longs mois de difficiles négociations, ou la pandémie due au coronavirus.

La situation à Hong Kong pèse également... Le président américain a ordonné la semaine dernière par décret la fin du traitement commercial préférentiel de Hong Kong afin de punir la Chine pour ses agissements à l'égard de l'ancienne colonie britannique. Il a aussi signé une loi destinée à sanctionner les représentants chinois impliqués dans la mise en oeuvre de la loi de sécurité nationale imposée par Pékin à Hong Kong et dénoncée par Washington.

Autres problèmes : le traitement de la minorité ouïghoure au Xinjiang, mais aussi les revendications de Pékin en mer de Chine.

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