Nouvelles restrictions pour freiner le Covid-19, "marée" attendue dans les hôpitaux franciliens

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Des policiers patrouillent le 6 octobre 2020 à Paris
Des policiers patrouillent le 6 octobre 2020 à Paris
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© AFP, THOMAS COEX

AFP, publié le jeudi 08 octobre 2020 à 20h44

Après Aix-Marseille et Paris, quatre autres villes, dont Lyon et Lille, vont basculer en zone d'alerte maximale, synonyme de nouvelles restrictions sanitaires pour freiner l'épidémie de Covid-19, qui s'aggrave.

Ces annonces sont tombées alors que la circulation du virus fait craindre une "marée très forte" de malades pour les hôpitaux d'Ile-de-France.

Pour Lille, Grenoble, Lyon et Saint-Etienne, "un passage en zone d'alerte maximale a été décidé par le président de la République en conseil de défense et de sécurité nationale. Ce passage sera effectif à compter de samedi matin", a annoncé jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran, lors de sa conférence de presse hebdomadaire.

Toulouse et Montpellier, "qui présentent des caractéristiques épidémiques inquiétantes", pourraient suivre le même chemin et basculer "d'ici lundi matin", a ajouté Olivier Véran, qui a en revanche noté "une amélioration sensible" à Nice et Bordeaux et "une inflexion positive" à Rennes et Aix-Marseille.

Mais avec un taux de positivité "élevé" et "en augmentation, à 9,8% selon Santé publique France jeudi soir, "la situation sanitaire continue hélas de se dégrader en France", a résumé le ministre.

- Vigilance à la Toussaint -

Entre mercredi et jeudi, plus de 18.000 nouveaux cas de contamination ont été détectés, comme la veille, selon Santé publique France. Plus de 1.400 patients se trouvaient en réanimation (pour quelque 5.000 lits).

A l'approche des vacances de la Toussaint, Olivier Véran a réaffirmé que les déplacements ne seront pas interdits, tout en appelant les Français à faire "extrêmement attention", notamment lors des retrouvailles en famille.

La zone d'alerte maximale est atteinte lorsque le taux d'incidence dans la population générale dépasse 250 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours, quand il dépasse 100 chez les plus de 65 ans, et si le taux d'occupation des lits en service de réanimation par des patients Covid-19 atteint 30% dans la région.


Au-delà des bars fermés et des restaurants soumis à un protocole sanitaire plus strict, ce niveau a signifié pour Paris la fermeture des foires, salons professionnels et cirques, des jauges plus limitées dans les centres commerciaux, grands magasins et les amphis universitaires. Il implique aussi la fermeture des salles de fitness, et des piscines aux adultes.

"Il y avait réellement nécessité de passer au stade supérieur", a réagi auprès de l'AFP la maire de Lille Martine Aubry, en soulignant qu'"à l'évidence, il y a eu une très forte augmentation ces derniers jours du nombre de personnes fragiles et âgées contaminées".

De son côté, le maire EELV de Grenoble Eric Piolle a regretté des "mesures administratives (qui) ont créé une épidémie de pauvreté car ce sont tous les petits boulots dans les bars, de profs, tout ça, qui s'arrêtent. Ces personnes-là ne sont pas accompagnées par la bonne mesure, qui est le chômage partiel".

"On était déjà limité à 22H00 et là on va devoir fermer (...) ça craint", a réagi Gilles, gérant d'un bar près de la place Bellecour à Lyon. "C'est peut-être un mal pour un bien... Mais ça va nous pénaliser encore une fois et il faut bien avoir conscience que ça va être encore un sacré coup porté à l'économie", a-t-il ajouté.

- Coup de pouce aux bouquinistes -

La récession devrait atteindre 9% en France selon les prévisions, et le retour de l'épidémie et des restrictions sanitaires freine la reprise. Pour y répondre, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui accompagnait Olivier Véran, a annoncé l'élargissement de l'accès au Fonds de solidarité aux entreprises jusqu'à 50 salariés, contre 20 jusqu'ici, et à 31 nouvelles activités, des fleuristes aux blanchisseries, en passant par les bouquinistes des quais de Paris.

En région parisienne, les prochaines semaines s'annoncent difficiles dans les hôpitaux, même si la dynamique ne ressemble pas à celle des mois de mars-avril, quand le nombre de patients dans les services de réanimation doublait en seulement trois à quatre jours.

Pour faire face à l'afflux de nouveaux malades du Covid-19 et à un taux d'occupation des lits en réanimation qui dépasse désormais les 40%, avec des prévisions à 50%, le directeur général de l'Agence régionale de santé francilienne Aurélien Rousseau a annoncé jeudi avoir déclenché le "plan blanc renforcé", synonyme de déprogrammation d'activités, de réaffectation des effectifs en interne, voire de rappel de personnels en congés si besoin.

"Une décision lourde" qui "veut dire qu'on va prendre une marée très forte et qu'il faut mettre toutes les forces dans la bataille", a prévenu Aurélien Rousseau, interrogé par l'AFP.

Selon le bilan de jeudi soir, 32.521 personnes atteintes du coronavirus sont décédées en France depuis le début de l'épidémie.

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