Nucléaire : EDF prépare le terrain à 2 nouveaux EPR en France

Nucléaire : EDF prépare le terrain à 2 nouveaux EPR en France
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Boursier.com, publié le jeudi 26 septembre 2019 à 21h45

EDF a publié un appel d'offres pour construire les bâtiments devant accueillir 2 nouveaux réacteurs nucléaires EPR en France. L'annonce intervient au moment où les constructions d'EPR ont pris du retard au Royaume-Uni et en France à Flamanville.

EDF vient de franchir la première étape d'un projet de construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR en France. Le premier EPR français, celui de Flamanville, en Normandie, est toujours en cours de construction et son coût ne cesse d'enfler.

L'électricien public a publié au Journal Officiel de la commission européenne un appel d'offres pour "la réalisation du génie civil principal d'une paire d'unités de production d'électricité de type EPR 2 en France", a révélé jeudi la chaîne 'BFM Business'. L'EPR est une technologie développée par EDF et Framatome (l'ex-Areva NP désormais contrôlée par EDF).

Le site normand de Penly serait identifié

En clair, il s'agit dans un premier temps de construire les bâtiments d'une centrale, première étape avant que les réacteurs nucléaires y soient installés. EDF précise dans cet appel d'offres que ces nouvelles unités de production se situeront sur un site nucléaire existant, sans indiquer lequel. Des sources citée par 'BFM Business' affirment toutefois que le site visé serait celui de Penly en Normandie.

Elle précisent que trois à quatre candidats sont attendus sur ce projet, dont les groupes français de travaux publics Vinci, Eiffage et Bouygues. Ce dernier est présent sur les trois chantiers actuels d'EPR à Flamanville, Hinkley Point et ainsi que sur le site finlandais d'Olkiluoto.

Retards et surcoûts en série à Flamanville et Hinkley Point

L'annonce de ce nouveau projet intervient alors que l'électricien a admis mercredi une hausse des coûts ainsi que des retards potentiels dans la construction des 2 EPR de la centrale de Hinkley Point au Royaume-Uni. Les coûts sont désormais estimés entre 21,5 et 22,5 milliards de livres sterling (24,3 à 25,4 MdE), soit une augmentation comprise entre 1,9 et 2,9 Mds£ par rapport aux évaluations précédentes. Le risque de report de la livraison des unités 1 et 2 communiqué précédemment (15 et 9 mois respectivement) s'est accentué, a précisé EDF.

Quant à l'EPR de Flamanville, dont la mise en service était initialement prévue en 2012, il devrait désormais être opérationnel en 2022. Selon 'Le Canard Enchaîné' publié le 25 septembre, le coût de ce réacteur pourrait finalement atteindre 15,5 MdsE, et non 11 MdsE selon les précédentes estimations (et 3 MdsE dans le projet initial).

Deux réacteurs EPR en service à ce jour, en Chine

Selon EDF, la version suivante de l'EPR, baptisée EPR 2 devrait être moins coûteuse et bénéficier des leçons des précédents chantiers (Finlande, Chine, Flamanville). Le groupe vise un prix de production de l'électricité d'environ 70 euros par megawattheure pour une facture totale du chantier de l'ordre de 5 MdsE.

Jusqu'à présent, deux réacteurs EPR sont entrés en exploitation, en Chine, dont le deuxième, Taishan 2, a été mis en service le 7 septembre dernier. EDF est actionnaire à hauteur de 30% de la coentreprise chargée de construire et d'exploiter les réacteurs, aux côtés des groupes chinois CGN et Guangdong Energy Group.

En outre, après de nombreux contretemps, l'EPR finlandais devrait entrer en service en 2020, avec plus de 10 ans de retard sur le calendrier initial.

Projet compatible avec la transition énergétique ?

Le lancement de cet appel d'offre peut paraître paradoxal, alors que la loi de transition énergétique de 2015, modifiée par la loi énergie de 2019, prévoit la fermeture de 12 à 14 réacteurs nucléaires d'ici à 2035. Toutefois, la "PPE" (programmation pluri-annuelle de l'énergie) prévoit le démarrage de nouveaux réacteurs à partir de 2030 pour compenser la fermeture des centrales actuelles afin d'atteindre l'objectif de 50% de nucléaire dans la production électrique en 2035.

EDF estime donc que pour être prêt pour cette date, le projet doit être lancé dès maintenant, en vue de démarrer la construction en 2023. Quitte à mettre le gouvernement au pied du mur. En effet, en février dernier, Emmanuel Macron avait annoncé que la décision de construire de nouveaux EPR serait prise "autour de 2022" et Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie avait précisé qu'il fallait attendre le démarrage de celui de Flamanville pour se décider, ce qui nous amène à la fin 2022...

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