OCDE: sortie de crise en vue mais perspectives "très incertaines" en attendant

OCDE: sortie de crise en vue mais perspectives "très incertaines" en attendant
Au siège de l'OCDE à Paris, le 29 mai 2013

AFP, publié le mardi 01 décembre 2020 à 11h33

L'horizon se dégage grâce au vaccin, mais les perspectives à court terme demeurent "très incertaines" : l'OCDE a revu à la baisse mardi sa prévision de croissance de l'économie mondiale en 2021, qui devrait rebondir de 4,2%, contre 5% prévus avant les reconfinements de l'automne.

L'Organisation de coopération et de développement économique a également légèrement corrigé son estimation pour 2020, mais à la hausse: le PIB mondial devrait finalement se contracter de 4,2%, contre -4,5% prévus lors de ses précédentes prévisions, en septembre.

En revanche, les perspectives de rebond se sont assombries pour 2021. Car entretemps a déferlé la deuxième vague de Covid-19, qui a fait 1,46 million de morts depuis son apparition en Chine en décembre et continue à progresser rapidement dans certains pays, comme au Brésil où le PIB est attendu en hausse de 2,6% en 2021, après -6% en 2020. 

Même si le monde ne devrait pas retrouver son niveau d'avant-crise avant la fin de 2021, la croissance sera toutefois partout au rendez-vous l'année prochaine, selon les prévisions de l'OCDE: +3,2% aux Etats-Unis, +3,6% en zone euro, +7,9% en Inde et +8% en Chine. 

Pour 2022, l'OCDE table sur une croissance mondiale de 3,7%.

En France, après une chute inédite de 9,1% de l'activité en 2020, la croissance devrait rebondir de 6% en 2021 et 3,3% en 2022.

Les nouvelles sur le front du vaccin portent à l'optimisme. Lundi, le laboratoire américain Moderna a déposé une demande d'autorisation de son vaccin aux Etats-Unis, faisant espérer de premières vaccinations dès le mois de décembre. 

"La perspective d'une sortie de crise s'est améliorée grâce aux (...) progrès réalisés dans la conception d'un vaccin efficace, mais les perspectives à court terme restent très incertaines, la reprise de l'activité étant de plus en plus hésitante", écrit l'OCDE.

En effet, la recrudescence de l'épidémie "et les mesures d'endiguement mises en place ont freiné le rythme de la reprise mondiale, après l'effondrement de la production constatée dans la première moitié de 2020". 

Et cette tendance "devrait persister pendant un certain temps, étant donné les défis à surmonter, en termes de développement et de logistique, avant de pouvoir distribuer un vaccin à grande échelle dans le monde", prévient l'institution basée à Paris. Qui invite à ne pas se faire d'illusions: "vivre avec le virus pendant encore six à neuf mois au moins sera compliqué". 

Quant à la réponse macroéconomique, l'OCDE est sur la même ligne que le FMI: les politiques monétaires et budgétaires actuelles, expansionnistes, doivent être poursuivies, le moment n'est pas venu de serrer la vis. "S'assurer que la dette est supportable ne sera une priorité que lorsque la reprise sera sur les rails" prévient-elle.

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