Offre de Veolia sur Suez : ''je vois un mirage industriel'', dit Philippe Varin

Offre de Veolia sur Suez : ''je vois un mirage industriel'', dit Philippe Varin
Philippe Varin PSA Peugeot Citroën

Boursier.com, publié le lundi 14 septembre 2020 à 01h40

Philippe Varin (Président de Suez) estime que l'offre de Veolia pour la participation d'Engie dans Suez est une prise de participation larvée, formulée à vil prix. Elle fragiliserait le potentiel industriel et commercial de Suez...

Philippe Varin, Président de Suez, a évoqué dans un entretien de presse, l'offre de Veolia Environnement formulée au prix de 15,5 euros par action auprès d'Engie pour acquérir les 29,9% qu'elle détient dans Suez.

Dans le 'JDD', Philippe Varin dit ainsi ne pas être étonné de l'intérêt de Veolia pour Suez. "Veolia y pense depuis des années", dit-il mais cette offre formulée au prix de 15,5 euros l'action est "bien en dessous de la valeur intrinsèque de la société". Aussi, "ce n'est vraiment pas une offre amicale !".

"Offre très hostile"

Philippe Varin poursuit : "Cette offre "amicale" reçue par Engie le 30 août est en réalité très hostile. Telle qu'elle est formulée, elle pose de réels et sérieux problèmes. Je comprends tout à fait que le conseil d'administration d'Engie veuille traduire en cash sa participation dans Suez. Mais pour résoudre ce problème, la décision d'Engie sur la proposition de Veolia déterminerait le futur de Suez et consisterait notamment à démanteler le groupe Suez en France. Ceci pose des problèmes de gouvernance, puisque le conseil d'administration de Suez, son management ainsi que les représentants de personnel ne sont pas dans la boucle. C'est une anomalie inédite. Nous ne pouvons pas en rester là... !"

"Mirage industriel"

"Si on gratte un peu, sous le vernis du "super champion" mondial que l'on nous fait miroiter, je vois un mirage industriel", dit Philippe Varin qui décrit notamment un affaiblissement concurrentiel à l'international ainsi qu'un affaiblissement de la force commerciale de Suez, une déstabilisation des clients, du management, et des salariés.

"L'accouchement de ce prétendu champion se ferait dans la douleur -ce qui ne serait pas un gage de succès- et avec une réduction massive de la concurrence en France". Selon Philippe Varin, dans les domaines des services, comme l'eau et la valorisation des déchets, "on peut garder deux champions mondiaux français".

Offre sous-valorisée

Philippe Varin se dit également fortement préoccupé par "la pertinence du modèle industriel et stratégique suggéré par Veolia". Selon Philippe Varin, la démarche présente "un risque de prise de participation rampante, dont les modalités sont floues". En outre, 90.000 collaborateurs de Suez, dont 30.000 en France risqueraient de perdre leur emploi... "On ne peut pas annoncer 500 millions de synergies et dire qu'il n'y aura pas d'impact", s'insurge le Président de Suez qui "compte bien convaincre le Premier ministre que sur le fond, ce projet a des failles", dénonçant "de considérables risques d'exécution".

Le prix de l'offre, à 15,5 euros par action, n'est pas suffisant selon Philippe Varin qui assure : "Au regard du plan stratégique en cours, le conseil a conclu que la valeur de Suez était "très significativement supérieure" au cours de bourse actuel".

Rappelons que le Conseil d'Administration de Suez a rejeté unanimement le projet de Veolia.

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