Opération de séduction d'Emmanuel Macron face aux jeunes agriculteurs

Opération de séduction d'Emmanuel Macron face aux jeunes agriculteurs©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 22 février 2018 à 20h30

Opération séduction, à deux jours du Salon de l'agriculture. Emmanuel Macron avait convié à l'Elysée ce jeudi près d'un millier de jeunes agriculteurs âgés de moins de 35 ans, et récemment installés. Objectif : rassurer la "génération Y de l'agriculture" sur l'avenir de ce secteur et attirer de "nouveaux talents" à l'heure où 40% des agriculteurs actuellement en activité vont partir à la retraite d'ici 2020.

"Cet avenir ne se construira (...) ni dans les fausses promesses ou les faux engagements et je ne vous en tiendrai pas parce qu'on vous a trop promis que les choses étaient possibles pour après se faire condamner par Bruxelles", a dit Emmanuel Macron. Pourtant, sa promesse d'un "printemps" de l'agriculture française fin janvier peine toujours à convaincre des éleveurs en grande difficulté financière.

Un coup de com' ?

Cette "réception", perçue comme "un coup de com'" par certains agriculteurs, s'est tenue au lendemain d'une journée de mobilisation nationale organisée à l'appel de la FNSEA, premier syndicat agricole, et des Jeunes Agriculteurs (JA) qui s'inquiétent du traité de libre échange entre l'Union européenne et le Mercosur, actuellement en négociation.

Les éleveurs redoutent l'arrivée massive de produits sud-américains sur le marché européen qui constituerait selon eux une concurrence déloyale. "Il y a beaucoup de contre-vérités sur ce sujet", a estimé Emmanuel Macron. "Il n'y aura aucune réduction de nos standards de qualité, sociaux, environnementaux, sanitaires à travers cette négociation. Il n'y aura jamais de boeuf aux hormones en France, il ne faut pas commencer à jouer avec les peurs des gens."

De la même manière, le chef de l'Etat a assuré que la "clause de sauvegarde", qui permet de suspendre l'application de l'accord si un "marché est déstabilisé" et si "des prix sont bousculés", restait une ligne rouge.

Et les zones défavorisées ?

Autre point de crispation entre l'Etat et les agriculteurs, la modification de la carte des "zones défavorisées", qui détermine le versement de l'indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) hors montagne. L'aide varie de 6.000 à 10.000 euros par an pour un agriculteur selon les territoires.

Selon la dernière version de la carte - qui a fait l'objet de 115 versions -, 14.000 communes y sont désormais classées contre 1.349 communes sortantes. Prenant acte de l'"angoisse" que cela pouvait engendrer chez certains éleveurs, le chef de l'Etat a une nouvelle fois assuré qu'ils seraient accompagnés financièrement le temps de la transition, fixée à deux ans, et exclut toute "fin brutale" des indemnités.

Emmanuel Macron a également précisé le plan de cinq milliards d'euros sur cinq ans, promis pendant la campagne présidentielle, indiquant qu'il entrerait en vigueur à l'automne.

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