Paris : après le confinement, le retour de la pollution de l'air !

Paris : après le confinement, le retour de la pollution de l'air !
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Boursier.com, publié le mercredi 24 juin 2020 à 18h43

Selon une étude réalisée par le Centre de recherche sur l'énergie et la qualité de l'air, Paris est la métropole européenne où les concentrations en dioxyde d'azote ont le plus progressé avec le déconfinement...

La pollution fait son grand retour !... Après des mois de dégringolade pendant les confinements, les taux de dioxyde d'azote dans des grandes villes européennes repartent à la hausse, selon une étude réalisée par le Centre de recherche sur l'énergie et la qualité de l'air (Crea). Avec le déconfinement et le trafic automobile qui a repris de plus belle, la capitale française est la métropole européenne où les concentrations en NO2 ont le plus explosé : +118% par rapport à la moyenne des 30 jours du confinement !

"Paris a connu la plus forte augmentation de la pollution depuis la période la plus propre pendant le confinement, tandis que Budapest et Oslo ont dépassé leurs niveaux d'avant la crise", détaille l'organisme basé en Finlande, dans son rapport dévoilé ce mercredi...

Pendant le confinement, les concentration en NO2 avait fortement diminué dans la capitale. "Paris a enregistré la deuxième baisse la plus forte liée au confinement (et la plus forte en termes relatifs), soit une diminution de 60% par rapport aux niveaux de pollution d'avant le Covid-19", selon l'étude.

Le véhicule individuel privilégié

A titre de comparaison, la hausse observée avec le déconfinement est de 88% à Bruxelles, de 73% à Milan, de 70% à Bucarest, de 74% à Oslo, ou encore de 45% à Budapest. Mais l'écart dans la capitale française tient à une plus grande réduction des concentrations en NO2 dans les années précédentes, fait remarquer l'étude.

La dégradation de la qualité de l'air dans la capitale française s'explique principalement par l'utilisation du véhicule individuel, qui reste privilégié sur fond de crainte suscitée par les transports en commun. "En temps normal, plus de 2 millions de véhicules motorisés circulent chaque jour dans Paris. Ces scooters, voitures, camionnettes, bus et camions sont très majoritairement essence ou diesel. La pollution de l'air qu'ils émettent est considérable et nous asphyxie, littéralement", a également expliqué aux 'Echos' Vincent Bezaguet, chargé de campagnes qualité de l'air à Alternatiba Paris.

Des taux qui restent tout de même bas

Même s'ils sont repartis à la hausse par rapport aux confinements, les niveaux de pollution actuels restent tout de même en dessous de ceux de 2019 à la même période dans la plupart des villes d'Europe, selon le Crea, qui se base sur les données de l'Agence européenne de l'environnement (EEA).

Dans son rapport, le Crea estime que ces chiffres mettent en lumière ce qu'il y aurait à gagner, en appliquant "des politiques plus ambitieuses en matière de transports". A quelques jours du second tour des élections municipales, la maire sortante de Paris Anne Hidalgo envisageait notamment de diminuer la vitesse autorisée à 30 km/h, et à 50 km/h sur le périphérique, pour lutter contre la pollution...

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