Paris évoque une riposte de l'UE, si les Etats-Unis ne lèvent pas les sanctions

Paris évoque une riposte de l'UE, si les Etats-Unis ne lèvent pas les sanctions
Montoir-de-Bretagne near Saint-Nazaire juillet 2020

Boursier.com, publié le jeudi 13 août 2020 à 13h02

Bruno Le Maire souhaite qu'un "règlement définitif" soit trouvé "le plus rapidement possible" dans ce contentieux qui dure depuis plus de 15 ans.

Bruno Le Maire a pris note jeudi de la décision des Etats-Unis de s'abstenir d'imposer de nouveaux tarifs douaniers dans le cadre du litige transatlantique sur les subventions à Airbus et Boeing. Mais il a aussi évoqué la possibilité d'une riposte européenne si ces sanctions persistaient.

Le ministre français de l'Economie et des Finances, qui s'exprimait devant la presse en marge d'un déplacement auprès d'agents des douanes dans les Pyrénées-Atlantiques, a salué l'absence d'"escalade" des tensions dans ce dossier.

Les vins et l'aéronautique dans le viseur

Il a cependant souligné que des produits européens - dont l'aéronautique et les vins français notamment - restaient soumis à des tarifs douaniers supplémentaires et souhaité qu'un "règlement définitif" soit trouvé "le plus rapidement possible" dans ce contentieux qui dure depuis plus de 15 ans.

Faute de parvenir à un tel accord, et si jamais les sanctions américaines étaient maintenues, l'Union européenne devra "se préparer elle aussi à riposter par des sanctions", a-t-il prévenu.

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi le maintien des droits de douane supplémentaires de 15% pour l'aéronautique et de 25% pour tous les autres produits européens dans le cadre du litige sur les subventions aéronautiques qui oppose Washington et les Européens depuis plus de 15 ans.

Inquiétude des professionnels du vin

La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) s'inquiète de son côté du maintien des sanctions. "Nous regrettons cette décision qui continue de pénaliser fortement les exportateurs français", a déclaré César Giron, président de la FEVS, cité dans un communiqué.

En vigueur depuis le 18 octobre, ces mesures fragilisent encore davantage une filière déjà pénalisée par le Brexit et les conséquences économiques de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus.

Selon la FEVS, sur les huit premiers mois d'application de ces sanctions, soit jusqu'à fin juin, les sanctions américaines ont entraîné une baisse de 35% des importations françaises de vins tranquilles aux Etats-Unis, ce qui représenterait en rythme annuel une perte de chiffre d'affaires de près de 415 millions d'euros.

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