Paris met fin au contrat Autolib, Bolloré va contester

Paris met fin au contrat Autolib, Bolloré va contester
Véhicule Autolib' à côté de la Tour Eiffel durant un tour de présentation.

Boursier.com, publié le jeudi 21 juin 2018 à 18h19

La décision était attendue... Le Syndicat Autolib' Vélib' métropole (SAVM) a voté jeudi la fin du contrat avec le groupe Bolloré. Les élus de la centaine de communes adhérentes du syndicat se sont prononcés en faveur d'une résiliation anticipée avant la fin en 2023, lors d'un conseil présidé par Catherine Baratti-Elbaz. Cette décision doit entraîner l'arrêt du service de voitures électriques en libre-service à Paris dans les prochains jours.

Le service Autolib' ne sera "ni repris en régie par le syndicat, ni confié par convention de délégation de service public à un autre délégataire", précise la délibération du SAVM.

Bolloré conteste

Mais l'affaire ne devrait pas en rester là, puisque Bolloré va contester la décision. "On va continuer à se battre, n'écoutez surtout pas les balivernes du syndicat, sachez que nous irons au tribunal administratif et que nous obtiendrons beaucoup d'argent, je pense que c'est comme ça que ça va se terminer", a déclaré à la presse Gilles Alix, président d'Autolib' SAS, à l'issue du conseil syndical.

De leur côté, les élus pensent déjà à la prochaine étape. Ils étudient la mise en place de nouveaux services d'autopartage à l'échelle du Grand Paris, notamment des offres en "free floating" - sans espace dédié pour prendre ou ramener un véhicule - portées à 100% par des acteurs privés.

Lancé en 2011, le service Autolib', qui compte près de 150.000 abonnés actifs, a vu sa trajectoire financière dérailler au fil de problèmes dans la gestion du parc de voitures, d'un nombre de locations insuffisant et de l'émergence de moyens de transports alternatifs, dont les services de VTC comme Uber. Pour éponger le déficit, le groupe Bolloré demande à Paris et aux communes de banlieue 233 millions d'euros sur environ 293 millions d'euros de pertes attendues d'ici 2023 - ce chiffre est contesté par le syndicat mixte.

Les élus ont entériné jeudi la proposition du syndicat de "refuser de procéder au versement de la compensation financière demandée par le délégataire". La présidente du syndicat a estimé à "moins de 100 millions d'euros" le coût de la résiliation, qui comprendra notamment le rachat des bornes sans logiciel au groupe Bolloré à hauteur de 15 millions d'euros.

Et les salariés ?

Le SAVM s'inquiète aussi du volet de l'emploi. Il demande au groupe Bolloré de "veiller à ce que les 254 salariés de la SA Autolib', dont il a l'entière responsabilité, soient reclassés rapidement dans d'autres filiales du groupe". Ces derniers se sont réunis jeudi devant la mairie du 12e arrondissement où avait lieu le conseil syndical pour protester contre l'arrêt brutal du service.

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