Pas d'essoufflement de la contestation à Hong Kong

Pas d'essoufflement de la contestation à Hong Kong©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 23 août 2019 à 17h15

Le territoire semi-autonome se prépare à de nouvelles manifestations tout au long du week-end, notamment à l'aéroport international déjà pris pour cible la semaine dernière.

Après des mois de mobilisation, le mouvement de contestation antigouvernementale ne montre aucun signe d'essoufflement à Hong Kong. Le territoire semi-autonome se prépare à de nouvelles manifestations vendredi et tout au long du week-end, notamment à l'aéroport international déjà pris pour cible la semaine dernière.

Par ailleurs, de nouvelles tensions se font jour sur le plan diplomatique entre la Chine et certaines puissances occidentales. Le consulat du Canada à Hong Kong a ainsi suspendu vendredi les déplacements de son personnel local en direction de la Chine continentale, une annonce qui intervient après qu'un employé chinois du consulat britannique a été arrêté à Shenzhen, de l'autre côté de la frontière. Pékin a accusé la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale, et d'autres nations étrangères d'ingérence dans ses affaires à Hong Kong.

Chaîne et humaine et occupation de l'aéroport

Plusieurs rassemblements étaient prévus vendredi, dont une "chaîne humaine" dans différents quartiers de la ville semi-autonome. Des protestataires ont parallèlement déclaré sur les réseaux sociaux qu'ils comptaient perturber les transports en direction de l'aéroport international durant le week-end. Le mot d'ordre est de s'y rendre par tous les moyens de transports disponibles pour saturer les accès à l'aéroport.

L'aéroport de Hong Kong, l'un des plus fréquentés de la planète, avait été contraint de fermer temporairement en début de semaine dernière et d'annuler un millier de vols. Des incidents parfois violents avaient éclaté entre manifestants et forces de l'ordre à l'intérieur des terminaux.

Le mouvement de protestation, né en avril du rejet d'un projet de loi qui aurait permis l'extradition de suspects vers la Chine continentale, s'est élargi depuis le mois de juin à des revendications plus larges, dont la démission de la cheffe du gouvernement local Carrie Lam et la protection des libertés et de l'autonomie dont jouit l'ancienne colonie britannique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Nombre de Hongkongais estiment que ce régime particulier, résumé par la formule "un pays, deux systèmes", est aujourd'hui menacé par l'emprise croissante qu'exerce le gouvernement central chinois.

Poids sur l'économie

Les contestataires affichent cinq revendications : retrait définitif du projet de loi sur l'extradition, ouverture d'une enquête indépendante sur les violences policières présumées lors des manifestations, rejet du terme "émeute" pour qualifier les rassemblements, abandon des charges contre les contestataires arrêtés et reprise de la réforme politique.

La contestation, qui pèse aussi sur l'activité économique du territoire, constitue un défi sans précédent pour le président chinois Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir, en 2012.

Le pouvoir central à Pékin, où le terme de "quasi-terrorisme" a été employé pour qualifier les manifestations hongkongaises, a prévenu qu'il pourrait intervenir pour mettre fin au mouvement. La lutte se mène aussi sur internet. Google a annoncé jeudi que sa plateforme Youtube avait désactivé 210 chaînes soupçonnées de mener une opération coordonnée de propagande autour du mouvement de contestation.

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