Pas d'interdiction globale de Huawei en France, selon Bruno Le Maire

Pas d'interdiction globale de Huawei en France, selon Bruno Le Maire©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 21 juillet 2020 à 09h35

"Nous n'interdisons pas à Huawei d'investir sur la 5G", explique le ministre de l'Economie, en excluant toute "discrimination à l'encontre de quelque opérateur que ce soit".

La France n'empêchera pas le groupe chinois Huawei d'investir pour le développement de son réseau mobile de cinquième génération (5G) et ne compte pas prononcer d'interdiction globale à son encontre, a annoncé mardi le ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance.

"Nous n'interdisons pas à Huawei d'investir sur la 5G", a déclaré Bruno Le Maire sur franceinfo en excluant toute "discrimination à l'encontre de quelque opérateur que ce soit".

Pour autant, la France veillera à protéger ses intérêts "stratégiques" et "de sécurité nationale", a assuré le ministre.

Etape majeure

Le géant des télécoms chinois n'est pas en odeur de sainteté, au coeur d'un bras de fer aux allures de Guerre froide entre les Etats-Unis et la Chine. Alors qu'il doit activement participer au déploiement de la 5G dans le monde, Washington le soupçonne de se livrer à des opérations d'espionnage pour le compte de Pékin et s'inquiète de l'avancée technologique prise par le groupe chinois. Les Etats-Unis s'inquiètent également d'un éventuel rôle prépondérant de Huawei dans la 5G qui pourrait constituer une étape majeure dans la domination technologique de Pékin.

La France souhaite donc restreindre très significativement la présence de Huawei sur son territoire, comme l'a confirmé le directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) dans une interview accordée aux 'Echos'.

"Les opérateurs qui n'utilisent pas Huawei, nous les incitons à ne pas y aller car c'est un peu le sens naturel des choses. Ceux qui l'utilisent déjà, nous délivrons des autorisations dont la durée varie entre trois et huit ans", poursuit-il. Bouygues Telecom et SFR utilisent déjà Huawei pour la 4G et vont devoir démanteler des équipements.

Les opérateurs ont fait leur choix

Orange a annoncé fin janvier qu'il avait choisi Nokia et Ericsson au détriment de Huawei. Free (Iliad) avait pour sa part opté dès septembre 2019 pour un partenariat avec Nokia pour construire son réseau 5G en France et en Italie.

Bouygues Telecom et SFR en revanche ont des équipements Huawei. "La vraie question en cas de refus, c'est comment on rend cette décision absorbable par l'opérateur (...) L'objectif n'est évidemment pas de les tuer !", dit le patron de l'Anssi.

Interdire aux opérateurs télécoms déjà équipés d'infrastructures Huawei de recourir à l'équipementier chinois pour la 5G pourrait engendrer une distorsion de la concurrence sur le marché français, estimait en février Martin Bouygues, dont le groupe n'excluait pas de porter si nécessaire l'affaire en justice.

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