Pays-Bas: Shell, KLM et d'autres entreprises accusés d'avoir soutenu financièrement un climato-sceptique

Pays-Bas: Shell, KLM et d'autres entreprises accusés d'avoir soutenu financièrement un climato-sceptique
Le logo du groupe néerlandais Shell en janvier 2018 à Londres

AFP, publié le samedi 22 février 2020 à 14h17

Des dizaines de grands groupes néerlandais dont Shell et KLM ont dans les années 1990 soutenu financièrement dans ses activités une figure du climato-scepticisme aux Pays-Bas, selon des révélations publiées samedi par un collectif de journalistes d'investigation.

Ce lobbying avait pour but de "mettre en doute le changement climatique et le rôle de l'homme dans celui-ci", affirme la Plateforme Journalisme Authentique (PAJ), dans un rapport intitulé "Shell Papers".

Les conclusions de la PAJ ont été publiées samedi dans le quotidien de référence De Volkskrant et sur Follow the Money, un site d'information indépendant néerlandais pour le journalisme d'investigation financier et économique.

"Entre 1989 et 1998, le climato-sceptique néerlandais Frits Böttcher a reçu plus d'un million de florins (450.000 d'euros) de Shell et d'autres multinationales (néerlandaises)", déclare sur son site internet la PAJ, qui a tiré ces conclusions après cinq mois de recherches dans les archives de M. Böttcher, professeur émérite de chimie physique à l'Université de Leiden, décédé en 2008.

M. Böttcher était par ailleurs co-fondateur du Club de Rome, un groupe de réflexion créé en 1968 réunissant notamment des scientifiques et des économistes.

Le géant anglo-néerlandais du pétrole Shell, la compagnie aérienne KLM, le spécialiste de la peinture AkzoNobel, la banque ING et des dizaines d'autres entreprises ont toutes versées des fonds à M. Böttcher , selon le collectif de journalistes.

M. Böttcher utilisait cet argent pour publier des ouvrages, rapports et articles d'opinions, et "mettre en place un réseau international de climato-sceptiques", poursuivent-ils.

Le professeur de chimie affirmait notamment que l'effet de serre était un mythe et estimait que le CO2 n'est pas dangereux, mais, au contraire, "bon pour les plantes".

"Son lobbyisme a, selon des scientifiques, contribué au fait que les Pays-Bas ont mis longtemps à mettre en place une politique du climat", écrit De Volkskrant.

Plusieurs groupes mis en cause ont réagi dans le quotidien. Certaines affirment que les faits remontent à trop longtemps pour pouvoir les vérifier dans leurs archives, d'autres reconnaissent le versement de fonds mais assurent que leur entreprise accorde aujourd'hui une grande attention aux problèmes climatiques.

"C'était il y a 25, 30 ans. Nous ne pouvons pas spéculer sur ce qui s'est passé. Nous allons nous pencher dessus", a déclaré le service de presse de Shell, cité par la télévision publique NOS.

Le groupe de défense de l'environnement Milieudefensie a demandé dans un communiqué une enquête parlementaire sur l'influence du monde de l'entreprise sur la politique et la science.

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