Permis de conduire : une décision à la fin du "Grand débat"

Permis de conduire : une décision à la fin du "Grand débat"©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 12 février 2019 à 16h16

Passer son permis de conduire coûte en moyenne 1.800 euros. Un prix trop élevé pour Emmanuel Macron, qui s'était engagé en novembre dernier à "baisser drastiquement" la facture...

Le gouvernement se prononcera "de façon complète" sur la réforme du permis de conduire à l'issue du "grand débat national" organisé en réponse à la crise des "Gilets jaunes". Ce dernier s'achèvera le 15 mars prochain.

Passer son permis de conduire coûte en moyenne 1.800 euros. Un prix trop élevé pour Emmanuel Macron, qui s'était engagé en novembre dernier à "baisser drastiquement" la facture "et accompagner les jeunes, et en particulier les jeunes qui rentrent dans l'emploi".

L'exécutif avait chargé fin août les députés de La République en Marche (LaRem) Françoise Dumas et Stanislas Guerini d'une mission parlementaire visant notamment à renforcer la qualité de la formation du permis de conduire et à garantir son accessibilité "en termes de délais et de prix".

Intégration dans le service national ?

"Le gouvernement a accueilli ces propositions avec intérêt, notamment celles concernant l'intégration du permis de conduire au Service national universel et le développement de nouveaux modes d'apprentissage, tels que le simulateur", peut-on lire dans un communiqué de Matignon.

Sont également citées la possibilité de pouvoir comparer de façon plus transparente les tarifs et les taux de réussite, l'expérimentation de la possibilité donnée aux candidats de s'inscrire à l'épreuve pratique directement en ligne et l'augmentation du nombre de créneaux d'examen. Dans le sillage de la remise de ce rapport, la question "pourra être discutée" dans le cadre du "grand débat national", précise Matignon. Le gouvernement va entamer quant à lui "un cycle d'échanges à son niveau avec les parties prenantes" et une délégation représentant les responsables d'auto-écoles sera reçue par des membres du cabinet du Premier ministre.

La dernière réforme du permis de conduire remonte à 2014 et s'était traduite l'année suivante par une série de mesures contenues dans la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, dite "loi Macron" - à l'époque ministre de l'Economie de François Hollande.

Les auto-écoles étaient en grève ce lundi, dénonçant une "ubérisation" du permis de conduire, avec des manifestations dans plusieurs grandes villes. Plusieurs opérations escargot ont provoqué des ralentissements, notamment à Paris...

Dans le viseur des deux syndicats majoritaires dans le secteur de la conduite, le conseil national des professions de l'automobile (CNPA) et l'Union nationale intersyndicale des enseignants de la conduite (Unidec), la réforme du permis de conduire.

Agrément départemental

Le document propose notamment la fin de l'agrément départemental, au profit d'un agrément national. Les auto-écoles redoutent une absence de contrôle des nouvelles structures et un permis "low-cost", alors qu'actuellement, les préfets surveillent l'activité. Elles craignent surtout une fragilisation de leur métier face aux écoles de conduite en ligne, accusées de brader les examens. Autre idée : préparer le code pendant la scolarité et avoir la possibilité de s'inscrire en candidat libre.

Les auto-écoles traditionnelles dénoncent une concurrence déloyale... "Ils ont des formateurs comme nous, qui ont les mêmes diplômes que ceux qui travaillent en école de conduite. Ce que je dis c'est qu'ils n'ont pas les mêmes charges que nous. Si vous additionnez les frais, les charges sociales plus la TVA qui n'est pas payée, ça représente 800 euros par formation. Ça veut dire qu'il y a 800 euros qui devraient être répercutés sur le client", a argumenté dimanche sur franceinfo Patrick Mirouse, le président délégué général de l'Union Nationale Intersyndicale des Enseignants de la Conduite (Unidec).

Le même prix ?

Selon lui, passer le permis sur internet n'est pas plus avantageux pour les candidats. "Ça coûte le même prix que dans les écoles de proximité, mais avec un niveau de réussite qui est deux fois moins élevé que dans les écoles de proximité. C'est bien normal parce qu'un formateur en école accompagne son élève et une fois qu'il est prêt, il lui dit : 'c'est bon tu peux passer'. Et là, l'élève réussit à 60%."

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