Pétrole : la flambée des prix inquiète, réunion de l'OPEP en vue

Pétrole : la flambée des prix inquiète, réunion de l'OPEP en vue©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 10 mai 2018 à 06h59

Le ministre irakien du Pétrole, Djabar al Louaïbi, a expliqué que l'Opep discuterait prochainement d'une éventuelle pénurie d'offre mondiale de pétrole en raison du retrait des Etats-Unis de l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien... "A la fin du mois, il y aura une réunion de l'Opep et ces sujets seront sur la table des négociations", a-t-il estimé en réponse à une question sur le rôle de l'Irak qui pourrait être tenté de combler le déficit d'offre attendu à la suite du rétablissement des sanctions sur les ventes de pétrole iranien.

Ce dernier a ajouté que l'affaire était principalement politique et qu'il espérait qu'elle n'affecterait pas l'offre de pétrole des pays du Golfe : "Nous espérons que la région restera stable et personnellement, je pense que cette question n'affectera pas l'offre de pétrole du Golfe", a poursuivi le ministre, ajoutant que l'objectif de l'Opep ne concernait pas les prix mais bien la stabilité du marché et l'abaissement des niveaux de stocks.

La baisse surprise des stocks de brut américains mercredi soir a contribué à faire grimper les cours du pétrole au plus haut depuis 3 ans et demi à 77$ le Brent.

Enjeux à suivre

D'après les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie basée à Paris, la hausse de la production américaine de brut devrait couvrir à elle seule 80% de la croissance mondiale de la demande au cours des trois prochaines années.

La progression de l'offre du Canada, du Brésil et de la Norvège est en mesure de couvrir le solde...

Le manque d'investissements inquiète

Au-delà de 2020, l'AIE s'inquiète surtout du manque d'investissements... L'industrie pétrolière doit en effet encore se remettre d'une baisse sans précédent des investissements en 2015 et 2016, et l'AIE voit peu, voire aucune, augmentation des dépenses en amont hors des États-Unis en 2017 et 2018.

"Les Etats-Unis vont imprimer leur empreinte sur les marchés mondiaux du pétrole pour les cinq prochaines années", a expliqué le Dr Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE. "Mais comme nous l'avons souligné à plusieurs reprises, la faiblesse de l'investissement mondial reste une source de préoccupation. Davantage d'investissements seront nécessaires pour compenser le déclin des champs pétroliers, le monde doit remplacer 3 mbj de baisses chaque année, l'équivalent de la mer du Nord, tout en satisfaisant également une forte croissance de la demande".

La Chine reste le principal moteur de la croissance de la demande

Soutenue par la croissance économique en Asie et la reprise de la pétrochimie aux Etats-Unis, la demande mondiale de pétrole augmentera de 6,9 mbj d'ici 2023 à 104,7 mbj, toujours selon l'AIE. La Chine reste le principal moteur de la croissance de la demande, mais des politiques plus strictes visant à réduire la pollution de l'air ralentiront la progression.

La pénétration croissante des bus électriques et des camions GNL aura un impact plus important sur la réduction de la consommation de carburants de transport que l'électrification des véhicules de tourisme, souligne également l'agence...

Les Etats-Unis, premier producteur mondial

Face à cette demande, la capacité de production mondiale de pétrole devrait augmenter de 6,4 mbj pour atteindre 107 mbj en 2023. Grâce à la révolution du schiste, les États-Unis seront le premier producteur mondial avec une production totale atteignant près de 17 mbj en 2023, contre 13,2 mbj en 2017.

L'exploitation sera notamment tirée par le bassin du Permien, où la production devrait doubler d'ici 2023...

Hausse limitée de la production de l'Opep

Coté Opep, l'AIE juge que la quasi-totalité de la croissance de la production du cartel proviendra du Moyen-Orient... Au Venezuela, la production de pétrole a chuté de plus de la moitié au cours des 20 dernières années et la baisse devrait s'accélérer ! La situation au Venezuela compensera les gains en Irak, résultant en une croissance de la capacité de production de brut de l'OPEP de seulement 750.000 barils par jour d'ici 2023.

Au global, l'AIE souligne que si les fondamentaux ne changent pas, le niveau des capacités de production mobilisables en cas de perturbations, tombera à seulement 2,2% de la demande en 2023, au plus bas depuis 2007.

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