Philippe en opération promotion des réformes en Charente

Philippe en opération promotion des réformes en Charente
Le Premier ministre Edouard Philippe visite une usine de "charentaises" à Rivières le 2 mai 2019

AFP, publié le jeudi 02 mai 2019 à 18h55

Retour sur le terrain: Edouard Philippe a renoué jeudi en Charente avec les déplacements au long cours loin de Paris, un exercice conçu pour défendre et promouvoir le bilan du gouvernement après deux ans de mandat, dont six mois de tempête sociale.

Le Premier ministre s'est démultiplié toute la journée dans une succession de villages pour expliquer son action, mais aussi prendre le pouls du terrain en "délocalisant" Matignon. 

Il doit poursuivre vendredi dans ce sillon, en plus de deux "séquences" plus urbaines à Angoulême, afin de montrer que si les "gilets jaunes" avaient fait sortir de son lit le cours du quinquennat, et au lendemain d'un 1er mai houleux, le cap a été maintenu.

Renouer avec l'exercice, inédit depuis juin 2018 (déplacement en Haute-Garonne), se conforme aussi à l'injonction d'Emmanuel Macron de "faire redescendre Paris en région, des fonctionnaires sur le terrain", souligne-t-on à Matignon. 

"Le Premier ministre a choisi un programme vaste. L'idée est d'illustrer la politique menée jusqu'ici", fait-on encore valoir à Matignon, qui a de nouveau emmené dans ses bagages une trentaine de conseillers, chacun doté d'un programme à part dans son secteur de compétences.

Jeudi, le chef du gouvernement, flanqué de son ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et du secrétaire d'Etat Gabriel Attal, a débuté par la visite du centre de formation des apprentis à Chasseneuil-sur-Bonnieure, alors que la réforme du financement de l'apprentissage, issue de la loi "Avenir professionnel", entre en application et remet à plat le système pour le millier de CFA qui accueillaient 437.000 apprentis fin 2018.

L'occasion aussi de dévoiler une batterie de mesures pour faire baisser de 30% le coût du permis de conduire, en favorisant notamment l'apprentissage sur simulateur et sur boîte automatique.

Dans une exploitation laitière, aux côtés du ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, M. Philippe a aussi mis en avant les timides premières avancées pour le revenu des exploitants grâce à la loi issue des Etats généraux de l'Alimentation.

Mais, lors d'une table ronde organisée dans une étable, M. Guillaume a reconnu devant des éleveurs que le prix du lait n'était pas à la mesure des attentes suscitées, en dépit des accords passés par plusieurs industriels avec la grande distribution. "Il faut que demain les prix à la production remontent, il ne faut pas nous la faire à l'envers, il faut que tout le monde gagne sa vie", a lancé le ministre de l'Agriculture.

- SAV des mesures d'urgence -

Après la visite d'une gendarmerie et une étape incontournable dans une usine de charentaises, M. Philippe s'est également rendu auprès du "Club des aînés" de Vouzan (environ 800 habitants). L'heure est en effet à l'apaisement entre l'exécutif et les retraités, qui avaient protesté contre l'augmentation de la CSG et la désindexation des pensions jusqu'à forcer Emmanuel Macron à rétropédaler sur ces décisions.

Le Premier ministre a aussi fait la promotion des mesures d'urgence prises le 10 décembre dernier par le chef de l'Etat et censées répondre à la crise.

Ainsi, quelque 5,5 millions de salariés ont reçu de leur employeur une prime exceptionnelle défiscalisée, d'un montant moyen de 400 euros, selon le bilan définitif sur ce dispositif qui sera reconduit l'année prochaine.

Au total 2,2 milliards d'euros de primes ont été versées par les entreprises entre le 10 décembre et le 31 mars, période pendant laquelle elles pouvaient signer un accord collectif portant sur le versement de ce bonus. L'exonération d'impôt et de charges des heures supplémentaires rapportera pour sa part 3 milliards d'euros de pouvoir d'achat, selon M. Philippe qui a précisé que la prime d'activité avait été alloué à 1,1 million de personnes supplémentaires.

Vendredi, M. Philippe doit de nouveau arpenter la campagne de la Charente sur des thèmes variés -maison de services au public, remplacement progressif du glyphosate dans la viticulture, etc.. 

Il terminera sa visite à Angoulême pour promouvoir le programme "actions coeur de ville", un des dispositifs phares de l'action gouvernementale. Déployé depuis un an auprès de 222 villes, ce dispositif doit permettre de mobiliser 5 milliards d'euros sur cinq ans pour ramener des habitants et des commerces dans les centres-villes délaissés.

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