Philippe reçoit les cheminots sans intention de toucher à sa réforme

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Le Premier ministre Edouard Philippe sur le perron de l'hôtel Matignon, le 17 avril 2018 à Paris
Le Premier ministre Edouard Philippe sur le perron de l'hôtel Matignon, le 17 avril 2018 à Paris
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© AFP, Bertrand GUAY

AFP, publié le lundi 07 mai 2018 à 07h43

Edouard Philippe rencontre lundi les syndicats de cheminots pour la première fois depuis le début du conflit ferroviaire, une main "tendue mais ferme" selon Matignon qui entend discuter de la dette, sans toucher à la réforme.

Le Premier ministre recevra à partir de 08H00 les fédérations de cheminots, accompagnées de leurs responsables confédéraux. L'Unsa lancera le bal, puis ce sera au tour des délégations CGT, CFDT, SUD-Solidaires, puis FO.

Dans l'après-midi, le patronat du rail, la direction de la SNCF, des associations d'usagers et des représentants des régions seront reçus tour à tour par Édouard Philippe et Élisabeth Borne, la ministre des Transports.

Dans le même temps, la huitième séquence de grève à la SNCF débute lundi à 20H00 pour se terminer jeudi à 7H55.

A Matignon, les échanges promettent d'être animés entre les syndicats de cheminots, en grève depuis un mois contre une réforme qu'ils jugent inutile et stigmatisante, et un gouvernement qui ne dévie pas de son objectif initial.

"Nous ne reviendrons pas sur l'ouverture à la concurrence, nous ne reviendrons pas sur la réorganisation de l'entreprise et sur la fin du recrutement au statut", répète à l'envi Édouard Philippe.

Ces trois sujets ne sont "pas négociables" car "c'est ce qui fera le succès du service public ferroviaire demain", a insisté dimanche sur BFM-TV le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire.

"S'il veut sortir du conflit", leur a répondu Laurent Brun, numéro un de la CGT Cheminots dimanche soir, "il faudra que le gouvernement bouge sur sa réforme". "Les grévistes iront au bout", a-t-il prévenu sur BFM-TV.

SUD-Rail, qui refuse de négocier "des accompagnements" au projet gouvernemental, organise une manifestation lundi matin à Paris, près des Invalides, qui devrait se poursuivre à Montparnasse à la mi-journée.

Si Laurent Berger, numéro un de la CFDT, voit dans le rendez-vous de lundi "un acte d'ouverture", il réclame, dans un entretien aux Echos, "des engagements clairs" sur la reprise de la dette, la politique d'investissement de l'Etat et "la garantie" d'une "convention collective de haut niveau".

- 14e grève à Air France - 

Du côté du gouvernement, on insiste sur le caractère "indispensable" de la réforme, adoptée mi-avril en première lecture à l'Assemblée. 

"L'approche du Premier ministre n'a pas changé : sa main est tendue mais elle reste ferme", explique-t-on à Matignon. Édouard Philippe a rappelé "qu'il ne reviendrait pas sur les grands axes de cette réforme mais qu'il restait encore des éléments à préciser d'ici l'examen du texte au Sénat, le 23 mai, notamment au sujet du modèle économique de la SNCF et de sa dette". 

L'État s'est engagé à reprendre progressivement, à partir de début 2020, une partie de la dette de SNCF Réseau, qui atteignait 46,6 milliards d'euros fin 2017 et continue de s'alourdir.

La question qui sera débattue lundi à Matignon c'est "quel montant, à quel rythme, sous quelle forme", a résumé Bruno Le Maire dimanche.

Les syndicats, qui ne placent pas le sujet en tête de leurs préoccupations, ont d'ores et déjà promis une "journée sans cheminot" le 14 mai en cas "d'échec" des discussions.

Le conflit semble donc pour l'heure dans une impasse, comme l'est celui à Air France, également regardé de près par le gouvernement.

La compagnie est confrontée lundi à sa quatorzième journée de grève pour les salaires depuis février, avant une quinzième mardi.

Si le trafic s'améliore avec près de 85% des vols maintenus lundi, en raison d'une mobilisation déclinante chez les pilotes, l'avenir reste incertain.

L'intersyndicale à l'origine du conflit, qui a déjà coûté plus de 300 millions d'euros, doit se réunir dans l'après-midi pour acter de nouveaux préavis ou, au contraire, suspendre le mouvement.

C'est le souhait de la direction qui souligne qu'aucune négociation ne peut s'"engager" actuellement. Elle s'active en effet pour trouver un successeur à Jean-Marc Janaillac, président démissionnaire d'Air France depuis vendredi et le rejet, par les salariés, du projet de sortie de crise proposé au personnel.

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