Plan de transformation à haut risque pour Carrefour, en difficultés

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 Un magasin de l'enseigne Carrefour, à Villiers-en-Bière, près de Paris, le 27 décembre 2013

Un magasin de l'enseigne Carrefour, à Villiers-en-Bière, près de Paris, le 27 décembre 2013

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© AFP, JACQUES DEMARTHON

AFP, publié le lundi 22 janvier 2018 à 10h11

Carrefour, dont l'année 2017 a été de son propre aveu "globalement difficile", doit annoncer mardi un "plan de transformation" conçu dans le plus grand secret, et faisant craindre aux syndicats d'importantes réductions d'effectifs.

"Silence", voire "black-out" complet de la part de la direction du géant français de la distribution: la colère gronde chez les syndicats, après des mois d'attente saturés de "bruits de couloir".

Tous les syndicats craignent des réductions d'effectifs, même si aucun chiffre précis ne devrait être dévoilé mardi, les instances représentatives du personnel devant en être informées au préalable. 

La CGT estime néanmoins à "au moins 10.000" le nombre d'emplois menacés, soit près de 10% des quelque 115.000 salariés que le groupe comptait en France fin 2017. 

Rien qu'au niveau des sièges de Massy et Boulogne, son représentant Philippe Allard évoque "plus de 1.200" suppressions de postes (sur 3.500 à 4.000).

Avant même l'annonce du plan, FO, premier syndicat du groupe, a pour sa part annoncé une grève le 8 février.

"Nous avons été relativement silencieux ces derniers mois, la nouvelle direction s'étant immergée en profondeur dans l'entreprise, dans l'optique de l'annonce du plan de transformation", admettait mercredi le directeur financier de Carrefour, Matthieu Malige.

Malgré un chiffre d'affaires annuel en hausse de 3%, à 88,24 milliards d'euros, le groupe a annoncé ce jour-là avoir dû réviser à la baisse sa prévision de résultat opérationnel courant (ROC) pour l'année 2017, qualifiée de "globalement difficile".

- 'Ambiance délétère' -

Silencieuse, voire secrète, la nouvelle direction de Carrefour, arrivée depuis cet été dans la foulée de la nomination d'Alexandre Bompard - ex-Fnac -, surprend.

Le 14 novembre dernier, dans un communiqué de presse lapidaire, le groupe annonçait qu'il retardait de plus de deux mois l'annonce de son plan de relance, initialement prévu pour la fin de l'année 2017, sans explication officielle, si ce n'est le fait de "laisser passer les fêtes de fin d'année" dans la sérénité pour son personnel.

A chaque tentative de la presse de deviner de quel bois sera fait ce plan, même réponse de la part de la direction: "pas de commentaire".

"Cela fait six mois que Carrefour vivote, tous les investissements sont bloqués", souligne Philippe Allard, de la CGT, tandis que Sylvain Macé (CFDT) décrit une "ambiance délétère".

Suppressions d'emplois ou pas, d'autres annonces sont attendues dès mardi: passage en location-gérance de plusieurs hypermarchés (cinq confirmés, une quarantaine potentiellement visés), accélération de ce format pour les supermarchés, fusion des sièges, fermeture de magasins de proximité (ex-Dia)... 

- 'Attente très forte' -

Selon les analystes de la Société Générale, "réduire les coûts est un élément déterminant, avec la possibilité d'économiser 700 millions d'euros en France sur trois ans".

La banque avance aussi comme pistes une réduction des prix pratiqués par le distributeur "de l'ordre de 2% en moyenne" pour réduire son retard sur le concurrent Leclerc, ou le retrait du groupe de Chine.

Alexandre Bompard devrait également annoncer un "plan de numérisation global" de l'entreprise, notoirement en retard sur le sujet, selon un expert du secteur joint par l'AFP, car "une mutation complète" est nécessaire.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a d'ailleurs indiqué dimanche sur BFM qu'il souhaitait réunir d'"ici au printemps" tous les secteurs "menacés par le développement de l'intelligence artificielle" ou de la "robotique", et "en particulier la grande distribution", pour "anticiper les transformations".

Autre inquiétude: l'évolution de l'actionnariat du groupe, avec de "moins en moins d'actionnaires historiques" selon FO, après l'arrivée au capital des banques américaines JP Morgan et Bank of America, qui détiennent "aujourd'hui 12%" du capital.

Justement, les actionnaires ont mandaté Alexandre Bompard pour qu'il transforme en profondeur l'entreprise, quitte à provoquer un "choc des cultures", comme il avait pu le faire à la Fnac, au moment du rachat de Darty, analyse notre expert.

Alexandre Bompard a "créé une attente très forte", prévient Sylvain Macé de la CFDT, "il n'a pas intérêt à se louper".

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17 commentaires - Plan de transformation à haut risque pour Carrefour, en difficultés
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    lade -

    Ils vont encore supprimer du personnel. Moi je n'y vais plus depuis qu'il y a des caisses automatiques et beaucoup moins de caisses ouvertes avec des caissières où il faut faire la queue.

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    Tueur -

    achète des actions Carrefour au lieu de râler .......

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    lili56 -

    Tueur!!!! et l'humain???? le pognon, le pognon!!!! à part çà, il semble que peu de choses, vous intéresse!!!! vous avez tous les symptômes de notre société, bien malade de l'argent!!!!

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    Olympe63 -

    Eh oui chers actionnaires pensez toujours à vous, il vous faut toujours plus d'argent sans rien faire pourtant la solidarité doit jouer à tous les niveaux.

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    Tueur -

    je pense à mes dividendes banane ...... Carrefour doit penser à ses bénéfices ....... et toi à investir au lieu de pleurnicher ......

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    CblHWMkOX -

    On y arrive. C'est dans les tuyaux depuis un moment pour contrer la montée du e-commerce qui leur pique des parts de marché. Mais ça ne se fera pas au profit du consommateur et des salariés. Reste donc à trouver mieux et moins cher ailleurs...

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    alainposteur -

    Il faut se mettre à la place des actionnaires, 88 milliards c'est pas assez, 3% d'augmentation alors qu'ils en espéraient 7, non vraiment mettez vous à leur place !!
    10000 licenciés cela fait autant de clients en moins, sans parler de la famille, des proches qui devraient être solidaires.

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    Tueur -

    la famille n'a rien à voir, il s'agit d’être efficace !

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    maliberte -

    Et pourtant ils ont le réseau de la ruche qui dit oui mis en place pour torpiller les petits paysans à l’initiative . des circuits courts
    Regarder la chute de ces géants avant on avait du mal à circuler dans les rayons aujourd'hui on s'y promène sans gêne Un modèle en déclin

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