Plan Juncker : un quart des projets français épinglés par la Cour des comptes

Plan Juncker : un quart des projets français épinglés par la Cour des comptes©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 20 février 2020 à 18h42

La France a largement profité de ce vaste programme européen, avec 12 milliards d'euros de prêts accordés.

La Cour des Comptes fait le point dans un référé publié jeudi sur le "plan Juncker", ce vaste programme européen lancé en 2015 pour financer l'économie. La France est le premier pays de l'Union à en avoir profité, avec près de 12 milliards d'euros de prêts accordés par la Banque européenne d'investissement.

"Un premier bilan montre que la France a su mobiliser les porteurs de projets publics et privés (collectivités territoriales, entreprises privées, délégataires de service public) et les établissements financiers dans des délais rapides", notent les "Sages" dans leur référé.

Des dossiers contestables

Néanmoins, "pour un quart des 61 dossiers examinés par la Cour, leur financement par le Plan Junker paraît contestable", estime la Cour. Certains dossiers acceptés sont jugés peu innovants (par exemple, une entreprise de vente de matériels de bricolage et de jardinage, une attraction dans un parc zoologique, un logiciel de gestion de flotte de camions d'une entreprise de transport).

D'autres concernent "des investissements déjà réalisés ou ne présentant de problème de financement particulier". Par ailleurs, certains bénéficiaires sont des entreprises bien notées et ne présentant donc pas de difficulté d'accès à des financements classiques.

Les grandes villes davantage représentées

La Cour a également identifié des cas d'"abonnements" à des financements successifs (14% de la totalité de la base de prêts InnovFin accordés par Bpifrance entre 2015 et 2018) "qui, sans être contraire aux règles, ne sont pas toujours bien justifiés". Autre problème relevé : les prêts ont été très concentrés dans les grandes métropoles.

Dans le détail, 9,6 milliards d'euros ont été versés en faveur de projets d'infrastructure et de recherche-développement et 2,3 milliards en faveur des entreprises de tailles intermédiaire (ETI) et des petites et moyennes entreprises (PME), représentant un montant total d'investissements de 50 milliards d'euros.

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