Plus de 80% des poissons vendus en France ne sont pas issus de la pêche durable

Plus de 80% des poissons vendus en France ne sont pas issus de la pêche durable
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Boursier.com, publié le jeudi 24 septembre 2020 à 10h30

Le chiffre monte à 95% pour les poissons surgelés, dénonce l'UFC Que Choisir.

Plus de huit poissons sur dix (81%) vendus en France ne sont pas issus de la pêche durable... C'est le constat alarmant dressé par l'UFC-Que Choisir, qui regrette que les professionnels n'aient "aucunement amélioré leurs pratiques en matière de protection des ressources halieutiques, notamment en s'évertuant à utiliser massivement le chalut".

Les résultats sont encore plus catastrophiques au rayon surgelé puisque 95% des poissons examinés se révèlent non durables.

Des stocks surexploités

Les relevés réalisés par l'association de défense des consommateurs montrent que deux tiers des poissons sont capturés dans des stocks déjà surexploités. "En termes de méthode, le chalut est très majoritaire dans nos relevés (74%). Or, il est massivement non durable : le chalut retient quantité d'espèces non ciblées (ce qui en fait l'une des principales causes de mortalité des cétacés) et, pour ce qui est du chalut de fond, il détériore fortement, en raclant les fonds marins, la flore et la faune marines", peut-on lire dans un communiqué.

L'UFC ajoute que le chalut peut être une méthode de pêche acceptable dans de rares cas, mais que les consommateurs ne peuvent pas s'y retrouver, alors que l'information ne permet pas de les identifier facilement - mieux vaut donc éviter cette pratique.

De mauvais scores

D'après cette enquête, le turbot, la baudroie et le lieu noir affichent les plus mauvais résultats avec respectivement 99%, 98% et 93% de poissons non-durables. Par ailleurs, 55% des lieux de vente proposaient au moins une des quatre espèces en période de reproduction lors de l'étude (lieu noir, baudroie, merlu et hareng), participant ainsi à la fragilisation de ces stocks.

Les distributeurs se font épingler : onze points seulement séparent Casino, l'enseigne la plus mal notée (87% de poissons non durables) et Cora la moins mal classée (76%). Quant aux poissonneries de quartier, elles ne sont pas meilleures élèves avec 79% de poissons non durables.

L'association appelle les consommateurs "à bannir de leurs achats les poissons pêchés au chalut ou dont la méthode de pêche n'est pas indiquée". Elle leur demande aussi de diversifier leurs achats en privilégiant les espèces dont les stocks sont les plus fournis (par exemple sardines, merlan, hareng, anchois, maquereau) ou peu connus (vieille, plie, tacaud...) et de proscrire les achats de poissons de grands fonds (notamment sabre noir, grenadier, lingue bleue) du fait de la grande fragilité de ces stocks.

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