Plus de "zones blanches" en France d'ici 2020 ?

Plus de "zones blanches" en France d'ici 2020 ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 15 janvier 2018 à 09h29

La disparition progressive des zones blanches et de réception mobile médiocre a été lancée par les autorités et les opérateurs. Sous la tutelle de l'Arcep, un accord d'envergure a été signé au cours du weekend pour renforcer la qualité de la couverture mobile...

Le gouvernement s'est engagé à ne pas augmenter les redevances des opérateurs lors du renouvellement des autorisations d'utilisation des fréquences et à légiférer sur la simplification des procédures dans le cadre de la loi logement. En échange, Orange, SFR, Free et Bouygues vont financer les améliorations promises.

"Ça capte pas", c'est fini ?

Avec cet accord, le gouvernement veut remplir les objectifs annoncés lors de la Conférence nationale des territoires en juillet dernier, notamment la généralisation d'une couverture mobile de qualité dès 2020. Les opérateurs vont équiper 5.000 sites additionnels dans les trois ans à venir pour renforcer la qualité de leurs réseaux, en allant au-delà des zones dites "blanches" actuelles.

Au cours des trois prochaines années nous engagerons la couverture d'autant de zones que l'ensemble des programmes gouvernementaux depuis quinze ans, soulignent les autorités. Ces zones seront identifiées par les pouvoirs publics en associant étroitement les collectivités territoriales. Un programme d'indentification a déjà été engagé voilà quelques mois à l'échelle locale. En parallèle, le curseur de qualité de réception a été relevé. Il impose désormais une "bonne couverture", selon la définition de l'Arcep, sur la totalité du territoire, notamment en zone rurale.

Généralisation de la réception en 4G

L'accord prévoit aussi la généralisation de la réception en 4G, ce qui implique de l'apporter à plus d'un million de Français sur 10.000 communes, indique le gouvernement, qui a aussi demandé l'accélération de la couverture des axes de transport, routiers et ferroviaires, en 4G. Enfin, l'accord comprend un volet sur la généralisation de la couverture téléphonique à l'intérieur des bâtiments.

Les nouvelles obligations, contraignantes, seront transcrites cette année dans les autorisations d'utilisation des fréquences. L'Arcep s'engage à rendre les améliorations transparentes via son site monreseaumobile.fr.

Le régulateur doit aussi lancer dès ce début d'année les travaux pour la réattribution des fréquences des bandes 900/1800/2100 MHz arrivant à échéance au cours des prochaines années, au travers de la mise en place d'une procédure priorisant l'objectif d'aménagement du territoire, en intégrant ces ambitions, dans un contexte de stabilité des redevances associées...

Nous pensons que certains investissements étaient déjà programmés par les opérateurs dans leurs projections, si bien que le montant annoncé de 3 milliards d'euros ne viendra pas en augmentation (des budgets), estime le bureau d'études Bryan Garnier, qui y voit sans doute une forme d'effet d'annonce du gouvernement. Il a noté en contrepartie le gel des redevances sur les niveaux actuels (environ 200 ME par an pour tous les opérateurs) et le renouvellement gratuit des licences qui auraient dû être remises en jeu en 2021, 2022 et 2024. Cela ne concerne évidemment pas le round suivant sur la 5G. Une décision qui donne de la visibilité au secteur. Nous comprenons que les investissements qui font partie de ce programme pourraient être exonérés d'impôt forfaitaire sur les entreprises de réseaux, ajoute Bryan Garnier. Le prix des forfaits mobiles en France est particulièrement bas par rapport à la moyenne européenne.

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