PMA, fin de vie et autres débats brûlants: coup d'envoi des Etats généraux de la bioéthique

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 Des sujets brûlants comme la PMA, la fin de vie ou l'intelligence artificielle seront débattus dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique

Des sujets brûlants comme la PMA, la fin de vie ou l'intelligence artificielle seront débattus dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique

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AFP, publié le jeudi 18 janvier 2018 à 17h25

"Quel monde voulons-nous pour demain?" Pour répondre à cette question, des sujets brûlants comme la PMA, la fin de vie ou l'intelligence artificielle seront débattus ces prochains mois dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique, lancés jeudi.

Pilotés par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), ces débats, qui dureront jusqu'à l'été, doivent nourrir la prochaine loi bioéthique, attendue au Parlement à l'automne pour réviser celle de 2011.

"Le CCNE a souhaité que le périmètre des thématiques des Etats généraux soit largement ouvert", a expliqué son président, Jean-François Delfraissy, jeudi lors de la conférence de presse de lancement.

Le programme comprend neuf thèmes. Deux sont sociétaux: la procréation (PMA et GPA) et la fin de vie. Les autres sont dictés par les progrès de la science: recherches dans le domaine de la reproduction, génétique, don d'organes, données de santé, intelligence artificielle, neurosciences et rapport santé/environnement.

Tous soulèvent de lourdes questions philosophiques. La principale: "Est-ce que c'est parce qu'on sait faire quelque chose sur le plan technique qu'on doit forcément le faire?", résume Régis Aubry, membre du CCNE.

Cette vaste concertation aboutira à un rapport de synthèse remis dans la deuxième quinzaine de mai. Elle s'appuiera sur plusieurs outils. 

Parmi eux, une consultation en ligne via un site lancé début février, des conférences-débats dans les régions ou un "comité citoyen", échantillon d'une vingtaine de personnes représentatif de la population, qui produira son propre rapport.

En outre, le CCNE mènera à partir de la mi-février une série d'auditions avec des associations ou les autorités religieuses.

- Evolution de l'opinion -

Elles pourront exprimer leur position sur certains sujets polémiques, au premier rang desquels l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes célibataires et aux couples de femmes.

En juin, le CCNE s'est prononcé pour cette ouverture, à laquelle est favorable Emmanuel Macron.

Selon un récent sondage Ifop paru dans La Croix, six Français sur dix sont favorables à la PMA pour les couples de femmes. Ils étaient un peu moins d'un quart en 1990.

Ce sondage montre aussi que près de deux-tiers des Français sont favorables au recours à une "mère porteuse" ou GPA (gestation pour autrui), pratique interdite en France et à laquelle est opposé le président Macron. 

18% y sont favorables "dans tous les cas" et 46% "pour des raisons médicales seulement", c'est-à-dire pas pour les couples d'homosexuels.

Un collectif de 110 personnalités, dont les intellectuels Pierre Rosanvallon et Élisabeth Badinter, vient de réclamer un "débat de fond" sur la GPA, dans une tribune publiée par Le Monde.

Les discussions sur la PMA et la GPA seront l'occasion pour la Manif pour tous de remonter au créneau, cinq ans après les manifestations contre le mariage homosexuel.

- 'Intelligence collective' -

Autre sujet, la fin de vie, qui n'est actuellement pas incluse dans la loi de bioéthique (avec une loi séparée en janvier 2016). Le suicide assisté est récemment revenu dans l'actualité avec l'euthanasie en Belgique de la romancière Anne Bert.

"Ces Etats généraux sont une entreprise difficile, un exercice d'intelligence collective", commente Jean-François Delfraissy, qui prône la "sérénité": "On aborde des points sur lesquels il n'y a pas le blanc et le noir, le Bien et le Mal, mais sur lesquels il y a des opinions différentes".

Il souhaite qu'on ne se focalise "pas uniquement sur la PMA, la GPA ou la fin de vie": "Il y a des enjeux majeurs sur la génomique, la médecine de l'embryon ou l'arrivée des robots".

En plus de son rapport de synthèse, destiné à être neutre, le CCNE émettra durant l'été un avis sur les priorités de la loi.

Les débats seront clos début juillet et la deuxième phase débutera, celle de la construction de la loi.

Selon une note du ministère de la Santé datant de novembre, un projet de loi sera finalisé "à l'été 2018" pour un dépôt au Parlement "à l'automne" en vue d'une adoption d'une nouvelle loi bioéthique "dans le courant du premier semestre 2019".

Les lois de bioéthique datent de 1994. Une première révision avait eu lieu en 2004, avant celle de 2011.

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15 commentaires - PMA, fin de vie et autres débats brûlants: coup d'envoi des Etats généraux de la bioéthique
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    rabalam0 -

    Lorsqu'on visite certains pays très pauvres, on revient quelquefois avec des images horribles, notamment cette mère qui supplie qu'on lui achète son enfant, pour avoir un peu d'argent, certes, mais pour qu'il ait un meilleur avenir.
    Ces récits sont bouleversant, et on se demande comment on peut en arriver là, à cette extrémité qui consiste à vendre un enfant, chose considérée jusque là par notre société comme une ignominie.
    On s'apprête à discuter de l'autorisation de la GPA.
    Sous cet acronyme, on désigne purement et simplement le commerce d'enfants, qui plus est, créés uniquement pour cela, ce qui n'était pas le cas pour la pauvre femme dont je parlais tout à l'heure.
    Va-t-on autoriser cela? A quelles extrémités notre société de marchandisation va-t-elle s'abandonner?

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    arausio -

    Est-ce le bon titre ? ce ne serait pas plutôt "coup d'envoi sur une Polémique Mal Assumée " ?
    La PMA ou l'enfantement désiré par la volonté d'une femme seule:
    Et en n'évoquant surtout PAS la GPA qui n'est pas, et ne sera jamais un cas d'école malgré les rodomontades ignobles des vieux cathos ringards !
    Voilà donc que l'on se retrouve à nouveau sur ce sujet, suscitant beaucoup trop de polémiques stériles et hystériques, et qui ne devrait plus exister ...
    Il faut d'abord contester la notion de loi 'imposée' ou pis de référendum prétendument obligatoire comme ce l'est trop hâtivement et trop bêtement exigé par des ignares en Constitution (cela ne fait pas partie de ses attributions).
    Il faut rappeler que la PMA existe déjà pour des femmes avec un conjoint stérile.
    Et, de grâce, que l'on n'ose pas évoquer ces enfants qui 'seraient' au centre des préoccupations de certains contempteurs, car il n'y a que trop d'exemples à montrer l'inanité de cette polémique en relevant les faits divers d'enfants maltraités par la parentèle dite 'normale' ....
    Enfin, pour ce qui concerne la GPA, on oublie un peu trop rapidement que cela se pratique depuis la nuit des temps, surtout dans certaines royautés, dynasties et autres bonnes 'familles' où la femme ne pouvant avoir d'enfants, l'homme procréait "à côté" avec une femme consentante afin d'assurer la pérennité de la race et de sa lignée royale ou princière .....
    Dernière remarque et non des moindres :
    Il est quasi certain que l'avènement d'un tel chérubin dans un tel foyer, serait un enfant de l'amour et là se trouve l'Essentiel !
    Tous mes voeux, mesdames, futures mères .

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    rabalam0 -

    C'est au nom des droits de l'homme (on oublie souvent les devoirs), que justement, nous avons banni entre autres ces pratiques de ces "certaines royautés, dynasties et autres "bonnes familles"", contraires à la liberté et à l'asservissement.
    Mais on peut constater que ces principes de liberté et de la défense des droits humains sont devenus à "géométrie variable" en fonction des désirs immédiats d'une minorité de personnes prêtes à toutes les marchandisations du corps humain, notamment à pratiquer le commerce d'enfants, que tout le monde condamnait jusqu'à présent car ne respectant pas la dignité humaine.

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    Penelope-_ -

    Tu vas bientôt avoir les boutins en herbe chez toi...

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    jpfrerot -

    ...et des boutons en plein...

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    akronous -

    Etes-vous bien sûr de donner au substantif " rodomontades " le sens qui est le sien ?

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    akronous -

    Etes-vous bien sûr de donner au substantif " rodomontades " le sens qui est le sien ?

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    loup19 -

    ..".des vieux cathos ringards..."
    Le mot " vieux ", dans " vieux-catholicisme ", se réfère à la foi de l'Église ancienne des dix premiers siècles.
    Cela ne signifie pas que les vieux-catholiques restent vieux jeu. (...)
    Ils sont constamment à la recherche de l'adéquation entre foi et vie quotidienne.
    Il ne faut pas oublier que la conscience personnelle garde toute son importance dans les affaires de foi et de moeurs....

    Au plaisir.

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    Penelope-_ -

    Christine se sent moins seule.

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    paysan30 -

    a quoi ça sert de réagir,c'est fait d'avance.On pourrait demander l'avis de la population.
    Mais que néni,Oui c'est une société progressiste,qui a toujours raison,
    les gens simples un peu conservateurs sont pris pour des imbéciles,a quoi ça sert d'aller voter.
    il paraît même que Macron sera à nouveau Président.
    tous les jours il reçoit une bonne note comme un bon élève,les télés les médias déroulent le tapis rouge tous les jours ,c'est formidable,Mais ceux qui paient les impôts ,de ça on ,'en parle jamais
    petite classe moyenne pour être un peu au dessus du smic!!! on vous donne d'une main mais c'est repris ensuite ,je ne suis pas représenté dans mon pays,désolé la prochaine fois ce sont les médias qui feront tout pour qu'il soit encore élu ,comme la dernière fois

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    ptitgaulois -

    Il est inutile de faire tout un baratin autour de cela, car pour des sujets aussi important qui vont conditionner notre avenir de façon très importante, il devrait être organisé un référendum, mais nos dirigeants ont peur de ce type d'exercice démocratique, pourtant le seul à même de trancher ces grands choix de société, pour lesquelles nous sommes tous concernés

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    isabella -

    Un référendum est nécessaire. On impose pas son avis sans consulter le peuple notamment sur la PMA ou 8O% des Français sont contre malgré des sondages manipulatoires... !

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