Portugal: des camionneurs en grève menacent de refuser leur réquisition

Portugal: des camionneurs en grève menacent de refuser leur réquisition
Des chauffeurs de camion-citerne en grève, le 12 août 2019 à Aveiras de Cima, dans le centre du Portugal

AFP, publié le mercredi 14 août 2019 à 15h51

Le syndicat portugais des chauffeurs de camions-citernes de carburant en grève a appelé mercredi ses membres à boycotter la réquisition décrétée par le gouvernement pour faire respecter un service minimum de ravitaillement.

"Personne ne va respecter le service minimum ni la réquisition, les camionneurs ne vont strictement rien faire", a déclaré aux médias le porte-parole du syndicat, Pedro Pardal Henriques.

"Dire à ces gens d'aller travailler sous la menace d'être arrêtés, c'est mettre le pays en danger. Ce ne sont pas des criminels", a-t-il ajouté au nom des quelque 800 chauffeurs spécialisés dans le transport de matières dangereuses que compte le Portugal.

Mardi soir, le ministre de l'Environnement et de la Transition énergétique, Joao Pedro Matos Fernandes avait annoncé que des procédures avaient été ouvertes à l'encontre de 14 chauffeurs qui n'avaient pas respecté la réquisition décrétée lundi, à l'issue de la première journée de grève.

Dans un bilan dressé mercredi en début d'après-midi, M. Matos Fernandes a fait état d'"un seul nouveau cas grave de non respect de la réquisition", concernant six chauffeurs qui auraient dû ravitailler l'aéroport de Faro, qui dessert la région touristique de l'Algarve (sud).

Ces camionneurs ont toutefois été remplacés par des gendarmes spécialement formés pour pouvoir être mobilisés au cours de cette grève.

Le principal dépôt de carburant de la région de Lisbonne n'assurait que 30% de ses livraisons, et restait donc en-deçà du service minimum fixé, mais neuf équipes de militaires garantissaient l'approvisionnement de l'aéroport de la capitale.

Toujours selon les informations livrées en conférence de presse par le ministre de l'Environnement, le dépôt de Leça da Palmeira (nord) assurait 50% des transports habituels et celui de Sines (sud) tournait à 70%.

Deux tiers des quelque 3.000 stations service du pays ne connaissait alors aucune rupture de stock, a indiqué M. Matos Fernandes.

La réquisition en vigueur vise notamment à éviter des pénuries de carburant à l'aéroport de Lisbonne et en Algarve mais pourrait être élargie à d'autres secteurs où le service minimum ne serait pas respecté, a-t-il souligné.

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