Pour la CFDT, Airbus ne doit pas se "précipiter à supprimer des emplois"

Pour la CFDT, Airbus ne doit pas se "précipiter à supprimer des emplois"
Laurent Berger CFDT

Boursier.com, publié le mercredi 16 septembre 2020 à 10h50

"Airbus a 7.600 avions en commande et à peu près 10 ans de plan de charge. On ne va pas se précipiter à supprimer des emplois et des compétences dans cette entreprise", affirme Laurent Berger...

Les projets d'Airbus en matière d'emploi ne passent pas pour la CFDT... Dans un message interne aux salariés du groupe dévoilé lundi par 'La Tribune', le président exécutif du groupe Guillaume Faury avait indiqué que l'adaptation des effectifs d'Airbus à la crise du transport aérien pourrait nécessiter d'autres mesures que les départs volontaires prévus jusqu'à présent, estimant "peu probable que les départs volontaires suffiront".

Mais selon le secrétaire général de la CFDT, interrogé ce mercredi sur 'RTL', "Airbus précipite les choses". "Il n'y a pas besoin pour l'instant chez Airbus de licenciements", a estimé Laurent Berger, qui appelle le constructeur aéronautique européen à négocier un accord d'activité partielle de longue durée (APLD).

"Airbus a 7.600 avions en commande et à peu près 10 ans de plan de charge... On ne va pas se précipiter à supprimer des emplois et des compétences dans cette entreprise", a poursuivi le leader syndical.

15.000 postes supprimés d'ici l'été 2021

"Il faut qu'Airbus négocie vraiment un accord d'APLD avant d'annoncer des licenciements secs", a-t-il insisté. "Les entreprises ne peuvent pas passer au guichet des aides" et "en même temps ne pas pratiquer une responsabilité dans la préservation de l'emploi", a ajouté Laurent Berger.

Pour rappel, Airbus, qui emploie environ 135.000 personnes, a annoncé le 30 juin dernier son intention de supprimer 15.000 postes d'ici l'été 2021, dont un tiers en France, dans le cadre d'un plan de restructuration mis en place pour faire face à la crise du transport aérien provoquée par la pandémie de Covid-19. Le site historique de Toulouse sera particulièrement touché avec 3.378 emplois perdus.

Pas d'engagements sur l'absence de départs contraints

Malgré les appels du gouvernement, Guillaume Faury s'était montré fermé à l'idée de prendre des engagements concernant les départs contraints au sein du groupe, évoquant un manque de visibilité sur un nombre suffisant de candidats volontaires au départ. Fin juillet, la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher avait également appelé Airbus à ne pas avoir recours à des départs contraints dans le cadre de son plan social.

Mais "dans un environnement économique aussi difficile, personne ne peut dire aujourd'hui qu'il y aura, parmi les personnels, suffisamment de candidats volontaires au départ", avait expliqué le patron d'Airbus dans un entretien accordé à 'La Tribune'.

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