Pour Laurent Wauquiez, il n'y a qu'une seule droite

Pour Laurent Wauquiez, il n'y a qu'une seule droite
Laurent Wauquiez

Boursier.com, publié le lundi 29 janvier 2018 à 08h50

C'était le second test de la rentrée politique de Laurent Wauquiez  après son "grand oral" sur France 2 jeudi dernier, le nouveau patron des Républicains se devait de bien négocier le premier conseil national du parti ce week-end... C'était sans compter sur Valérie Pécresse qui s'est posée en première opposante au sein du parti en défendant l'existence de "deux droites" selon elle "réconciliables", là où le nouveau président ne veut en voir qu'une seule...

La présidente de la région Ile-de-France a été copieusement huée à son arrivée à la Mutualité à Paris pour ce premier conseil national du parti de l'ère Laurent Wauquiez, qui a cependant fait accepter par un vote à mains levées le mouvement qu'elle a créée, "Libres", comme "mouvement associé" de LR.

"Je suis venue vous dire que je suis là et que je suis prête à prendre toute ma place dans la reconstruction de notre famille", a déclaré Valérie Pécresse alors que plusieurs ténors du parti l'ont quittée ou ont pris leurs distances, à l'image d'Alain Juppé, Dominique Bussereau ou de Xavier Bertrand... "Il y a aujourd'hui deux droites, il y a une droite un peu plus conservatrice et un peu plus progressiste, une droite un peu plus protectionniste et une droite un peu plus libérale, une droite plus eurosceptique et une droite plus européenne, une droite qui, à l'élection présidentielle face à Marine Le Pen, à appeler à voter Emmanuel Macron et une droite qui ne l'a pas fait", a-t-elle poursuivi en faisant remarquer que "les sifflets n'avaient mené nulle part ces derniers mois"...

Une seule droite

Laurent Wauquiez a coupé court aux sifflets de la salle en montant à la tribune pour calmer le jeu, tout en affirmant qu'il n'y avait "qu'une seule droite", qu'elle pouvait être diverse, "mais qu'il n'y avait qu'une seule famille politique".

"Je ne laisserai aucune chapelle, ni aucune écurie affaiblir à nouveau notre famille politique mais j'ai suffisamment confiance dans Valérie (Pécresse) et sa capacité à comprendre que sa voix est entendue quand elle porte notre parole avec force, qu'elle travaille pour une équipe commune et qu'elle ne tire pas contre son camp", a ajouté le président de LR.

Laurent Wauquiez a conclu le conseil national par un discours d'une heure très offensif contre Emmanuel Macron durant lequel il a défendu ses positions sur l'immigration...

Consensus mou

Lors de L'Emission politique de jeudi dernier, l'adversaire du "consensus mou" a revendiqué haut et fort le droit de tenir le cap à droite : "Je pense qu'il y a trop d'immigration en France et que, aujourd'hui, nos capacités d'intégration sont saturées", a-t-il déclaré... "Je considère qu'il faut diminuer au moins de moitié le niveau de l'immigration actuelle et la ramener en-dessous de la barre des 100.000" par an dont  20.000 à 30.000 étudiants étrangers, a poursuivi Wauquiez.

Il a également plaidé pour une remise à plat de "la totalité de notre politique d'immigration", avec une nouvelle approche du droit du sol et l'instauration d'une obligation de résidence de trois ans sur le sol français avant de pouvoir bénéficier de prestations sociales.

Laurent Wauquiez a ajouté durant son grand oral qu'il ne voulait pas laisser "le monopole du discours sur l'immigration à l'extrême droite", ni la question sociale à la gauche...

Vos réactions doivent respecter nos CGU.