Pour soutenir les PME, le patron d'ADP propose de créer "un frère jumeau du livret A"

Pour soutenir les PME, le patron d'ADP propose de créer "un frère jumeau du livret A"
Augustin de Romanet PDG de Groupe ADP

Boursier.com, publié le jeudi 13 août 2020 à 14h54

Augustin de Romanet, PDG du groupe ADP et président de Paris Europlace, suggère de "créer des canaux de financement pour constituer des 'quasi'-fonds propres" à destination des PME notamment...

Comment aider les PME fragilisées par la crise ? Dans un entretien accordé à 'Paris Match' dévoilé ce jeudi, Augustin de Romanet, PDG du groupe ADP et président de Paris Europlace, chargé de défendre les intérêts de la place financière de Paris, est revenu sur les mesures prises pour les entreprises depuis le début de la crise sanitaire.

"La mobilisation des banques pour distribuer les prêts garantis par l'Etat (PGE) a été exceptionnelle. Elles ont en effet instruit 630.000 dossiers en moins de trois mois, afin de distribuer 116 milliards d'euros de prêts. Les assureurs ont, pour leur part, fait un don cumulé de 2,3 milliards d'euros aux PME", a-t-il détaillé.

Ce soutien à la trésorerie devra toutefois être remboursé. Les entreprises "qui retrouveront rapidement une activité normale rembourseront ces prêts. En revanche, celles qui ne retrouveront pas une profitabilité auront du mal à le faire", a souligné Augustin de Romanet, qui s'appuie sur un rapport d'Europlace initié dès janvier 2020.

Utiliser l'épargne des Français via la création d'un "jumeau du Livret A"

Le patron d'ADP propose ainsi de "créer des canaux de financement pour constituer des 'quasi'-fonds propres à destination de cette catégorie d'entreprises", et notamment des PME. Alors que l'épargne des Français a considérablement grimpé depuis le début de la crise sanitaire, il préconise ainsi de l'utiliser via la création d'un "frère jumeau du Livret A" pour l'orienter vers les PME les plus en difficulté.

"Les taux d'intérêt servis seraient très supérieurs à ceux du livret A, en contrepartie d'une durée de détention minimale, tandis que les capitaux seraient garantis par l'Etat", poursuit-il. Selon Augustin de Romanet, cette initiative permettrait de "limiter considérablement le risque réel qu'une proportion importante des PGE ne soit pas remboursée".

"Le plan de relance prévu par le gouvernement doit proposer un mécanisme qui permette de mobiliser l'épargne des Français vers le financement des entreprises. Et des PME en particulier", a insisté le président de Paris Europlace.

75 milliards d'euros d'épargne "forcée"

Privés de consommation courante pendant le confinement, les ménages français qui le pouvaient ont pour rappel reporté une partie de leurs revenus sur leurs produits d'épargne. Selon l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), l'épargne "forcée" des Français atteint 75 milliards d'euros entre le 17 mars et le 5 juillet...

Dans une interview à 'Sud Ouest' mercredi, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé que le nouveau plan de relance de l'économie française comprendra "trois milliards d'euros" pour "le soutien au financement des entreprises", alors que des PME ont été durement touchées par la crise. L'Etat prévoit ainsi de mettre en place des instruments tels que des obligations convertibles ou des prêts participatifs afin d'apporter des fonds propres aux entreprises qui en auraient besoin...

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