Pouvoir d'achat : l'OFCE livre son analyse sur le budget 2018

Pouvoir d'achat : l'OFCE livre son analyse sur le budget 2018©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 15 janvier 2018 à 11h43

Quel sera l'effet des mesures votées dans le cadre du budget 2018 sur le pouvoir d'achat global des ménages ? L'OFCE met son grain de sel dans le débat avec la publication d'une étude intitulée  "Budget 2018 : pas d'austérité mais des inégalités". De quoi alimenter le débat entre le gouvernement, qui met en avant les gains de pouvoir d'achat, et l'opposition de gauche, qui épingle des mesures favorables aux plus riches. L'Insee a même poussé l'exécutif à mettre en place fin décembre un simulateur de pouvoir d'achat, après la publication d'estimations faisant état d'une perte de pouvoir d'achat des ménages de 4,5 milliards d'euros cette année.

Les économistes de l'Observatoire français des conjonctures économiques chiffrent à 0,2 milliard d'euros en moyenne cette année les effets sur le pouvoir d'achat des ménages des mesures fiscales et des revalorisations de prestations sociales prévues. Côté calendrier, des hausses de la fiscalité se feraient sentir dès le début d'année (CSG, tabac, carburants), avant des baisses dont les effets se feront sentir plus tardivement (taxe d'habitation, réforme de l'ISF, élargissement du crédit d'impôt pour l'emploi à domicile mis en place par la précédente majorité), sauf dans le cas du prélèvement forfaitaire unique (PFU).

Hausse de 6 milliards

Pour 2019, malgré la poursuite de la hausse de la fiscalité écologique et des prix du tabac, l'OFCE estime à six milliards d'euros la hausse du pouvoir d'achat des ménages, sous l'effet de la montée en charge de certaines mesures fiscales (taxe d'habitation, PFU) et des nouvelles revalorisations de certaines prestations sociales.

Même si cette année le niveau de vie d'une majorité de ménages, en moyenne, ne devrait selon eux être impacté qu'"à la marge", avec notamment un impact nul pour les classes moyennes, les principaux bénéficiaires des mesures nouvelles seront les "2% de ménages du haut de la distribution des revenus, détenant l'essentiel du capital mobilier". D'après les calculs des auteurs, en 2018, les 5% de ménages les plus modestes devraient en moyenne voir leur niveau de vie être amputé de 0,6% en 2018 (soit 60 euros par an et par ménage) alors que les 5% de ménages les plus aisés verraient le leur progresser de 1,6% (soit 1.730 euros).

Les fumeurs désavantagés

Ils notent également que les effets des nouvelles mesures seront différenciés selon les ménages : les fumeurs, les propriétaires de véhicules diesel ou les ménages se chauffant au fioul par exemple seront bien plus impactés que ces résultats moyens.

En année pleine, l'abattement de 30% de la taxe d'habitation pour 80% des ménages, les revalorisations de la prime d'activité, du minimum vieillesse et de l'allocation adulte handicapé, associées à la neutralité budgétaire de la bascule cotisations-CSG "joueraient pleinement leur rôle : redonner du pouvoir d'achat aux classes modestes et moyennes", notent-ils.

Avec cette analyse, la quasi-totalité des ménages devraient gagner en niveau de vie, même si la progression pour les 5% de ménages les plus modestes (+0,5%) restera nettement plus faible que celle dont bénéficieront les 5% de ménages les plus aisés (+1,9%).Au total, "les 2% les plus riches capteraient 42% des gains à attendre de la mise en place des mesures", notent les auteurs.

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