Pouvoir d'achat : qui va gagner à la fin ?

Pouvoir d'achat : qui va gagner à la fin ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 12 avril 2018 à 11h17

Combien gagnerez-vous en plus en 2018 ? Entre la hausse de la CSG et la suppression des cotisations chômage et maladie, l'exécutif a promis que les salariés retrouveraient 'in fine' du pouvoir d'achat... Pour le vérifier, voici quelques simulations pour les salaires bruts allant de 1.750 euros à 5.000 euros.

Un gain indéniable sur la fiche de paie

L'abandon des cotisations maladie et chômage va faire économiser aux salariés l'équivalent de 3,15 points de salaire brut. Pour un salarié à 2.000 euros bruts, cela se traduira par un gain de 63 euros.

La hausse de la CSG (de 1,7 point sur 98,25% du salaire) en consommera une partie. Pour un salarié gagnant 2.000 euros, le surplus de CSG sera de 33,40 euros.

Entre un allègement de 3,15 points et un surcoût de 1,67 point, les salaires nets en bas des fiches de paie seront donc bien en augmentation. La hausse correspondra à 1,48 point de salaire brut.

Un salarié à 2.000 euros bruts gagnera par exemple 29,60 euros nets en plus chaque mois. Comme le montre notre tableau, le gain de pouvoir d'achat ira de 25,90 euros pour une personne gagnant 1.750 euros bruts à 74 euros pour un salaire de 5.000 euros bruts...

Un gain obtenu en deux temps

Attention toutefois ! Ce gain ne sera obtenu qu'en deux temps... De fait, si l'application de la CSG aura bien lieu en janvier, la baisse des cotisations interviendra en deux étapes (2,2 points en janvier et le reste à l'automne).

Ainsi, pour un salarié à 2.000 euros bruts, le gain sera par exemple de 10,60 euros en janvier et ne passera à 29,60 euros qu'à l'automne 2018.

Attention également aux impôts

Il faudra enfin tenir compte de l'impact fiscal. De fait, si les gains calculés ci-dessus se retrouveront bien sur les fiches de paie, il ne faut pas oublier que les allègements de cotisation vont accroître le revenu imposable et donc l'impôt payé.

En contrepartie, le surplus de CSG sera déductible et amortira en partie la hausse du revenu imposable.

Les effets seront importants sur les bas salaires. Ceux qui bénéficient aujourd'hui d'allègements d'impôts notamment via la décote risquent de devenir imposables. Un salarié célibataire gagnant 1.750 euros bruts par mois (exonéré d'impôt) devra par exemple payer 110 euros d'IR par an sur ses revenus du fait des allègements de cotisation.

Ainsi, son gain mensuel net sera bien de 25,90 euros sur la fiche de paie, mais de seulement 9,17 euros en tenant compte du surplus d'impôt généré (soit 0,96% du salaire brut). Pour un salarié à 2.250 euros, le gain se limitera à 1,04% (23,38 euros).

Tranche d'imposition

De 2.500 euros à 3.000 euros bruts, la hausse nette d'impôt sera un peu plus élevée (1,3%). Quant à ceux qui gagnent de 3.500 euros à 5.000 euros bruts, et se trouvent par conséquent dans la tranche d'imposition à 30%, leur gain de pouvoir d'achat sera voisin de 1,1%.

En résumé, les gains nets d'impôts varieront de 16,73 euros à 54,08 euros... Précisons enfin que ces calculs ont été effectués pour un célibataire n'ayant pas d'autre revenu que son salaire. Pour un salaire donné, le gain net d'impôt pourra évidemment varier en fonction de la situation fiscale du salarié...

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