Pouvoir d'achat : qui va gagner, qui va perdre en 2018 ?

Pouvoir d'achat : qui va gagner, qui va perdre en 2018 ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 24 janvier 2018 à 20h58

Alors que la question du pouvoir d'achat agite les débats en France, le gouvernement s'efforce de convaincre les Français qu'ils constateront une amélioration dès cette année. Ainsi, une communication faite à l'issue du Conseil des ministres a affirmé mercredi que "compte tenu de l'étalement en deux étapes de la suppression des cotisations salariales "maladie" et "chômage", l'effet net, en 2018, est une baisse de près de 2 milliards d'euros".

De leur côté, les ministres Bruno Le Maire (Economie et Finances) et Gérald Darmanin (Action et Comptes publics), sont montés au créneau mercredi sur le même thème. Dans un communiqué conjoint, ils ont précisé que les réformes du gouvernement "réduiront les prélèvements sur les Français de près de 2 milliards d'euros en 2018 et durablement de 5,5 milliards d'euros à compter de 2019".

Suppression de cotisations salariales, baisse de la taxe d'habitation

Pour la première fois, fin janvier, les fiches de paie tiendront compte de la baisse des cotisations salariales engagée par l'exécutif et de la hausse de 1,7% de la CSG. Ce qui devrait se traduire par un gain de 8 euros par mois à partir de janvier puis de 22 euros à partir d'octobre pour tout salarié gagnant 1.500 euros. En revanche, la mesure sera neutre pour les fonctionnaires, et négative pour une partie des retraités. En outre la taxe d'habitation commencera à être supprimée cette année par une réduction de 30% pour 80% des ménages en novembre prochain.

Le gouvernement entend continuer à communiquer sur le pouvoir d'achat, alors que depuis décembre l'Insee, puis l'OFCE ont émis des doutes sur les gains envisagés en 2018. L'Insee a calculé que les prélèvements obligatoires vont s'alourdir de 4,5 MdsE cette année, tandis que le "think-tank" classé à gauche concluait à une année neutre pour le pouvoir d'achat (hors effets de la conjoncture).

Une série de revalorisations pour les ménages les plus fragiles

Même si certaines taxes sont à la hausse en 2018 (cigarettes, diesel...) pour "des impératifs de santé publique et de préservation de l'environnement", le gouvernement rappelle que de nombreuses autres prestations ont déjà, ou vont être, revalorisées afin de mieux protéger les ménages les plus fragiles :

- Le revenu de solidarité active (RSA) a été revalorisé de 1,6 % dès septembre 2017
- Le minimum vieillesse augmentera en avril de 30 euros par mois
- L'allocation adultes handicapés sera revalorisée de 50 euros par mois à compter de novembre
- L'allocation de soutien familial pour les parents isolés sera revalorisée de 6 euros par mois dès le mois d'avril
- Les familles nombreuses les plus modestes bénéficieront d'une revalorisation de leur complément familial de 17 euros par mois dès avril
- Les aides aux modes de garde seront revalorisées de 30 % pour les familles monoparentales à compter du mois d'octobre
- Le chèque énergie (+150 euros) permettra aux plus démunis de continuer à bénéficier d'une aide gouvernementale en matière d'accès à l'électricité et au gaz
- La transformation des aides fiscales aux services à la personne en un crédit d'impôt désormais accessible à tous permettra aux Français non ou peu imposables, en particulier les retraités, d'en bénéficier pleinement.

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