Premiers signaux positifs pour l'hôtellerie en France

Premiers signaux positifs pour l'hôtellerie en France
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Boursier.com, publié le vendredi 12 juin 2020 à 18h33

Les réouvertures d'hôtels et les prises de réservation pour les vacances d'été accélèrent, offrant de premiers espoirs de reprise.

Très sévèrement touché par la crise du coronavirus et le confinement en France, le secteur de l'hôtellerie semble entrevoir le bout du tunnel. Selon les chiffres du cabinet MKG publiés vendredi, plus de 50% du parc hôtelier français a rouvert (au 9 juin 2020). La situation est plus facile pour l'hôtellerie super-économique, avec trois quarts des établissements qui ont repris leur activité.

"Ils étaient déjà souvent ceux qui étaient restés ouverts au plus fort du confinement, afin d'assurer l'hébergement de personnes en première ligne face à l'épidémie (personnels soignants, forces de l'ordre, routiers & transporteurs, mal-logés... voire dans quelques cas en étant réaffectés à l'hébergement de personnes touchées par le Covid-19)", peut-on lire dans un communiqué. La dynamique des hôtels à bas prix est confortée par le retour de certains clients, comme ceux du BTP grâce à des reprises de chantiers, ou de la logistique et du transport de marchandises, indispensables à la chaîne d'approvisionnement.

Le luxe devrait souffrir plus longtemps

La situation est nettement plus compliquée dans les hôtels haut de gamme et de luxe, plus dépendants "de la clientèle internationale, des voyageurs long-courrier ou des grands événements", et qui "fonctionne d'ordinaire avec de nombreux employés", explique MKG. Du fait de sa demande particulièrement dégradée et de sa base de coûts structurellement plus élevée, l'hôtellerie haut de gamme et luxe n'a donc généralement pas encore été en mesure de reprendre son service.

Par ailleurs, plus de six chambres sur 10 sont disponibles en régions, grâce à une reprise de l'activité dès le 11 mai dans les zones vertes, mais seulement un quart à Paris, toujours classée "orange". Les restrictions liées aux transports (aérien, urbain et ferroviaire) y ont aussi plus d'impact et empêchent qu'une véritable reprise ne s'amorce. "À Paris, mais aussi dans d'autres grandes villes qui ne sont pas des destinations de vacances, certains hôtels pourraient donc devoir rester fermés jusqu'à la rentrée", anticipent les auteurs de l'étude.

Les campings et les gîtes bien placés

Les réservations pour les vacances ont nettement augmenté ces derniers jours : à date du 8 juin 2020, le nombre de nuitées réservées pour juillet sur le pourtour méditerranéen était en hausse de plus de 50% par rapport au niveau constaté au 1er juin (soit le dernier jour de l'application de la limite des déplacements à un rayon de 100 km). "Ainsi, les campings, tout comme les gîtes et meublés de vacances, sont bien placés pour tirer relativement mieux leur épingle du jeu face à la récession qui a brutalement frappé le secteur du tourisme en 2020", indique le cabinet.

Mais les difficultés demeurent nombreuses, entre absence de la clientèle internationale, baisse de l'offre de transport, annulation des festivals, difficultés d'organisation pour des départs en dernière minute, ou incertitudes économiques... "A l'échelle nationale, la baisse de chiffre d'affaires de l'hôtellerie n'est donc attendue repasser au-dessus de la barre des
-30% qu'en septembre, avant d'évoluer encore négativement mais de manière plus modérée en fi n d'année", conclut MKG.

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