Prix alimentaires: la FNSEA propose de filmer les négociations

Prix alimentaires: la FNSEA propose de filmer les négociations
La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, le 11 février 2019 à l'Elysée, à Paris

AFP, publié le jeudi 21 février 2019 à 21h51

La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a proposé jeudi de filmer les négociations qui se tiennent entre la grande distribution et les industries agroalimentaires, afin de vérifier si elles appliquent bien la nouvelle loi Alimentation censée permettre de mieux rémunérer les agriculteurs.

Ces négociations commerciales, qui se tiennent annuellement entre distributeurs et producteurs et s'achèvent fin février, fixent les prix pour toute l'année. 

"Nous avons proposé de mettre des caméras de surveillance dans les box de négociations", a déclaré Mme Lambert lors d'une conférence de presse, après avoir évoqué la décision de Carrefour d'imposer des caméras dans les abattoirs qui le fournissent.

Le groupe de distribution a annoncé mi-janvier qu'il allait faire passer un audit à tous les abattoirs qui le fournissent en viande pour sa marque de distributeur (MDD), et ensuite leur demander d'installer des caméras, au nom de ses engagements en faveur du bien-être animal.

La présidente de la FNSEA assure que cette démarche était unilatérale et n'a pas été menée en concertation avec les abattoirs.

Carrefour a pour sa part indiqué mi-janvier dans un communiqué travailler "en collaboration" avec la coopérative bretonne Cooperl, qui va installer des caméras sur ses trois abattoirs, et qui "partagera les résultats de ce test avec Carrefour, et l'association spécialisée OEuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs (OABA)".

Cette année, les négociations commerciales "fonctionnent bien en lait et sur certains segments", mais "ne fonctionnent pas en viande où les demandes (de la grande distribution) sont déflationnistes de 1% à 4%", selon Mme Lambert. Elle a assuré que la FNSEA n'était "pas dupe" de l"exploitation que fait la grande distribution des accords qu'elle passe sur un "segment restreint".

La loi issue des Etats généraux de l'alimentation, "ce n'est pas un coup marketing pour ceux qui affichent des accords sur le lait", qui souvent sont limités en volume, a renchéri Patrick Bénézit, secrétaire général de la FNSEA.

Ces trois derniers mois, plusieurs acteurs de la grande distribution ont passé des accords tripartites avec des industriels laitiers et les organisations de producteurs qui les fournissent, ou directement avec des industriels qui s'engagent à augmenter le prix d'achat du lait à leurs fournisseurs éleveurs.

La loi sur l'agriculture et l'alimentation (EGalim), promulguée en octobre, est censée apporter des réponses à la pression causée par la guerre des prix que se mènent les acteurs de la grande distribution sur l'industrie agro-alimentaire, et donc les producteurs, en poussant les distributeurs à augmenter leurs tarifs et faire ruisseler cette plus-value jusqu'aux agriculteurs.

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