PSA veut revoir les 35h grâce aux ordonnances Macron

PSA veut revoir les 35h grâce aux ordonnances Macron
Peugeot moteur et ouvrier

Boursier.com, publié le jeudi 17 mai 2018 à 09h28

PSA a pioché dans les ordonnances Macron pour tenter de modifier les horaires de ses salariés. Le constructeur automobile a proposé cette semaine à ceux du site de Vesoul (Haute-Saône) de travailler plus de 35 heures moyennant une augmentation de salaire moindre que ce que prévoit la loi, grâce à une nouvelle disposition de ces ordonnances.

La direction a proposé mardi au comité social et économique (CSE), la nouvelle instance de représentation du personnel du site, d'augmenter le temps effectif de travail hebdomadaire de 35h à 37h45 en contrepartie d'une hausse de la rémunération de 2,8%, ont annoncé la CGT, Force ouvrière et la CFTC. "Il y a une petite contrepartie mais c'est moins que la rémunération qui devait nous revenir", a expliqué à Reuters le délégué syndical FO Sébastien Galmiche.

Limiter le taux horaire

Avant les ordonnances de septembre modifiant le Code du travail, les heures supplémentaires devaient être majorées au minimum de 10% si un accord d'entreprise le prévoyait ou, à défaut, de 25% pour les huit premières heures et de 50% pour les suivantes. Depuis la réforme, les entreprises peuvent aménager par accord majoritaire la durée de travail et la rémunération des salariés dans le respect des salaires minima hiérarchiques définis par les conventions de branche.

Ainsi, même si elles sont toujours dans l'obligation de payer les majorations, elles ont la possibilité de diminuer le taux horaire pour limiter la hausse. Ce dispositif existait auparavant mais nécessitait de justifier de difficultés économiques.

2.000 salariés à Vesoul

La direction n'a pas souhaité se prononcer sur les discussions en cours, mais dit envisager "actuellement un plan de compétitivité" pour que le site reste concurrentiel par rapport aux acteurs de "l'automobile mais aussi de la logistique". .

Le site de Vesoul, qui compte 2.000 salariés ainsi que 1.000 intérimaires et sous-traitants, est spécialisé dans la logistique de pièces détachées automobiles. Pour le délégué syndical CFTC, Jean-Paul Guy, les salariés vont entrer en négociation. "Il faut qu'on ait des garanties sur la pérennité du site. Si un accord doit être signé, il sera gagnant-gagnant", a-t-il dit.

Force ouvrière et la CFTC sont à elles deux majoritaires dans l'usine depuis les élections professionnelles du mois dernier. Il suffit donc qu'elles acceptent l'accord pour qu'il soit entériné.

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