Publicité en ligne : amende de 220 millions d'euros infligée à Google en France

Publicité en ligne : amende de 220 millions d'euros infligée à Google en France©Boursier.com

Orange avec Boursier.com, publié le lundi 07 juin 2021 à 14h53

L'Autorité de la concurrence reproche au géant américain d'avoir favorisé ses propres services dans le secteur de la publicité en ligne.

L'Autorité de la concurrence reproche au géant américain d'avoir favorisé ses propres services dans le secteur de la publicité en ligne.

C'est une première pour le géant américain... L'Autorité de la concurrence a rendu lundi une décision sanctionnant Google, à hauteur de 220 millions d'euros, pour avoir abusé de sa position dominante sur le marché des serveurs publicitaires pour éditeurs de sites web et d'applications mobiles.

Le gendarme de la concurrence avait été saisi dans ce dossier par le géant des médias News Corp Inc, Le Figaro (qui s'est finalement désisté de la saisine en novembre 2020) et le groupe de presse belge Rossel. Dans un communiqué, il explique avoir "constaté que Google a accordé un traitement préférentiel à ses technologies propriétaires proposées sous la marque Google Ad Manager, à la fois en ce qui concerne le fonctionnement du serveur publicitaire DFP (qui permet aux éditeurs de sites et applications de vendre leurs espaces publicitaires), et de sa plateforme de mise en vente SSP AdX (qui organise les processus d'enchères permettant aux éditeurs de vendre leurs " impressions " ou inventaires publicitaires aux annonceurs) au détriment de ses concurrents et des éditeurs".

Google a accepté un accord

L'Autorité précise que Google n'a pas contesté les faits qui lui sont reprochés. Un accord a donc été trouvé, et le groupe américain a accepté d'apporter des modifications à certains de ses services de publicité en ligne. "Nous sommes convenus d'une série d'engagements visant à faciliter l'utilisation des données par les éditeurs et l'utilisation de nos outils avec d'autres technologies publicitaires. Nous testerons et développerons ces changements au cours des prochains mois avant de les déployer plus largement, dont certains au niveau mondial", a réagi Google.

"La décision sanctionnant Google a une signification toute particulière car il s'agit de la première décision au monde se penchant sur les processus algorithmiques complexes d'enchères par lesquels fonctionne la publicité en ligne 'display'", se félicite Isabelle de Silva, la présidente de l'Autorité de la concurrence.

Bercy salue cet accord

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a salué la décision de l'Autorité de la concurrence dans un communiqué. "C'est d'autant plus vital que les pratiques mises en place par Google pour favoriser ses propres technologies publicitaires ont affecté les groupes de presse, alors même que leur modèle économique est fortement dépendant des revenus publicitaires. Ce sont des pratiques graves et elles ont été sanctionnées à juste titre", a-t-il souligné dans un communiqué.

"Une étape décisive pour renforcer l'équité entre les acteurs", écrit de son côté sur Twitter Cédric O, secrétaire d'Etat au Numérique.

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