Quelles réformes pour "l'Acte 2" de l'exécutif ?

Quelles réformes pour "l'Acte 2" de l'exécutif ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 12 juin 2019 à 10h20

Chômage, retraites, fonctionnaires et climat font partie des nombreux dossiers à l'agenda du gouvernement.

Emmanuel Macron s'est engagé mardi à "plus d'humanité et plus de proximité" dans l'acte II de son quinquennat et a promis une "accélération" aux niveaux environnemental et social sans rien abandonner des objectifs économiques. Edouard Philippe doit prononcer ce mercredi à 15 heures son discours de politique générale, exercice très attendu pour fixer l'agenda des réformes.

"Les réformes qui ont été conduites par le gouvernement" ces 24 derniers mois "ont remis de la confiance des investisseurs, de la possibilité de recréer de l'emploi, y compris de l'emploi industriel, et donc les choses sont reparties", a estimé le chef de l'Etat français dans une interview à la Radio Télévision Suisse (RTS).

"Il nous faut consolider ça et même le renforcer", a-t-il poursuivi. "Dès demain, le Premier ministre aura une déclaration de politique générale à faire devant l'Assemblée qui portera ces réformes à venir, sur l'assurance chômage, les retraites et beaucoup de sujets économiques et sociaux".

Des règles plus strictes pour toucher le chômage

Malgré l'hostilité des syndicats, les nouvelles règles de l'assurance chômage, dont la présentation est attendue dans les prochains jours, pourraient durcir les conditions d'accès et créer une dégressivité des allocations pour les cadres les mieux rémunérés.

La réforme des retraites, dont la présentation est censée intervenir cet été, pourrait quant à elle fixer un nouvel âge "pivot", à 64 ans, en dessous duquel les retraités seraient pénalisés - une mesure à laquelle plusieurs syndicats sont ouvertement opposés. Cet âge pourrait être relevé régulièrement afin de réduire le déficit financier du système. Avant même l'entrée en vigueur de cette réforme, l'exécutif pourrait décider d'accélérer l'allongement de la durée de cotisation déjà prévu dans la loi, au risque d'accroître le ressentiment à son égard.

Réforme constitutionnelle

Edouard Philippe devrait préciser le calendrier des nombreux autres chantiers annoncés par l'exécutif d'ici les élections municipales de mars 2020. La principale incertitude porte sur la réforme constitutionnelle, dont l'examen avait été interrompu l'été dernier par "l'affaire Benalla". Les projets de loi qui la composent devraient être présentés en juillet au conseil des ministres mais la tiédeur persistante du Sénat menace la majorité des trois cinquièmes du Parlement réuni en Congrès nécessaire pour la faire adopter.

Le Premier ministre est également attendu sur la promesse de transformation de l'action publique, mêlant décentralisation et déconcentration, qui doit rapprocher l'Etat des citoyens en augmentant le nombre de fonctionnaires à leur contact, permettre des économies dans les services centraux et donner plus de pouvoir aux exécutifs locaux.

Et le climat

Il devrait confirmer l'accent mis ces derniers mois par Emmanuel Macron sur la lutte contre le dérèglement climatique. Le Premier ministre a fait lui-même la semaine dernière la promotion d'un volet du projet de loi antigaspillage, qui doit être présenté en juillet, et qui prévoit d'interdire la destruction des produits non alimentaires invendus.

Une autre incertitude concerne la date de la révision de la loi de bioéthique, qui prévoit l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, dont la présentation au Parlement a déjà été retardée et dont l'aile gauche de la majorité redoute un report après les municipales.

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