Qui pour prendre la tête de la Cour des comptes ?

Qui pour prendre la tête de la Cour des comptes ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 25 février 2020 à 10h56

Didier Migaud a a laissé son poste de premier président il y a un mois, et les magistrats financiers attendent qu'Emmanuel Macron lui choisisse un successeur.

Le poste de premier président de la Cour des comptes est toujours vacant, un mois après le départ de Didier Migaud... Après dix ans passés à la tête de l'institution de la rue Cambon, l'ancien élu socialiste, qui avait été nommé à ce poste par Nicolas Sarkozy, a pris fin janvier la présidence de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Mais le président de la République ne lui a toujours pas désigné de successeur et la présentation du rapport annuel de la Cour des comptes, traditionnellement programmée au début du mois de février, a finalement été décalée à ce mardi - les présidents des chambres de la Cour n'ont pas souhaité attendre plus longtemps.

Pierre Moscovici, Eric Woerth, Nicole Belloubet...

Parmi les successeurs potentiels de Didier Migaud dont les noms ont circulé dans la presse figure Pierre Moscovici (PS), commissaire européen sortant aux Affaires économiques et financières sous la présidence de Jean-Claude Juncker. Libéré de ses obligations à Bruxelles, l'ancien ministre de l'Economie de François Hollande a désormais réintégré la Cour des comptes, son corps d'origine intégré à sa sortie de l'Ena, en tant que conseiller-maître.

Le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale Eric Woerth (LR) a également été cité parmi les candidats potentiels. Par ailleurs, le 'Journal du Dimanche' a indiqué dans sa dernière édition que la ministre de la Justice Nicole Belloubet pourrait être nommée à la tête de la Cour des comptes dans le cadre d'un éventuel remaniement gouvernemental post-municipales. La garde des Sceaux, interrogée à ce sujet lundi sur RTL, s'est déclarée "imperméable à ce type de rumeur".

Depuis le départ de Didier Migaud, l'intérim des fonctions de premier président est assuré par la doyenne des présidents de chambre, Sophie Moati.

Les points forts pas assez mis à profit

Dans son rapport annuel, la Cour observe que la conjoncture a été porteuse ces derniers mois en France, avec une croissance économique relativement solide et une charge de la dette allégée par la faiblesse des taux d'intérêt. Mais elle regrette que ces points forts n'aient pas été suffisamment mis à profit pour réduire davantage le déficit public et abaisser le poids de la dette publique rapportée au produit intérieur brut (PIB).

"Au total, alors que les dernières années ont été assez favorables sur le plan conjoncturel, la France s'est engagée dans une politique de baisse soutenue des prélèvements sans avoir clairement renforcé au préalable (l)es marges de manoeuvre budgétaires" qui lui permettraient de faire face à une éventuelle récession ou à un potentiel choc majeur financier ou social.

Déficit public et dette

Du côté du déficit public, la Cour note une "résorption très lente". Pour 2019, il devrait rebondir à 3,1% du PIB (contre 2,5% en 2018), mais en excluant l'impact ponctuel de la transformation du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) en baisse de charges pérenne, il se situerait à 2,2% du PIB.

Attendu à 2,2% de la richesse nationale en 2020, le déficit public, hors contrecoup technique de cette mesure, serait donc stable - il s'agit tout de même de son niveau le plus faible depuis 2001.

En ce qui concerne la dette, dont le niveau reste proche de 100% de la richesse nationale alors que l'objectif initial du gouvernement était une réduction de cinq points au cours du quinquennat, le reflux "ne se serait pas produit en 2019 et resterait très incertain en 2020", souligne la Cour, qui pointe un "contraste (...) saisissant" entre la situation de la France et celle de la quasi-totalité de ses partenaires de la zone euro.

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