Réforme de la SNCF : le calendrier se précise...

Réforme de la SNCF : le calendrier se précise...
Gare Saint-Lazare Paris

Boursier.com, publié le mardi 20 février 2018 à 08h27

Le scénario catastrophe de 1995 peut-il se reproduire ? Les syndicats de la SNCF, échaudés par le rapport Spinetta remis la semaine dernière au gouvernement, ont abordé avec la plus grande méfiance le cycle de consultation ouvert par le gouvernement hier, au-dessus duquel plane la menace d'un vaste mouvement social...

L'exécutif, qui a pris connaissance jeudi des propositions de Jean-Cyril Spinetta, n'a rien dit de ses intentions précises, si ce n'est qu'il souhaitait réformer l'entreprise publique, confrontée au double défi de la dette - 46 milliards d'euros - et de l'ouverture à la concurrence dans le cadre européen. Edouard Philippe, dévoilera lundi prochain le calendrier et la méthode retenus.

Pour l'heure, seules la CGT-Cheminots et Force ouvrière ont appelé les salariés à se mobiliser le 22 mars prochain, date qui coïncide avec une journée d'action dans la fonction publique.

Rendez-vous jeudi

Les rencontres entre la ministre des Transports, Elisabeth Borne, et les représentants syndicaux se sont pour le moment résumées à un échange de points de vue, sans annonce de part et d'autre... Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT-Cheminots, a énuméré les points sensibles à ses yeux contenus dans le rapport Spinetta, comme la suppression possible de milliers de kilomètres de petites lignes, l'extinction du statut des cheminots ou le changement d'appellation juridique de la SNCF...

En attendant, les organisations syndicales se sont donné rendez-vous jeudi soir pour faire un premier point sur les réactions possibles. "Nous restons sur nos gardes" après la remise d'un rapport qui "taille dans le vif", a rapporté a Reuters Roger Dillenseger, secrétaire général de L'Unsa ferroviaire. Pour Bruno Poncet, de SUD-Rail, le pouvoir prend le risque "d'agréger tous les mécontentements" - ceux des employés de la SNCF, de la santé ou du monde de l'éducation.

Régions consultées

Après les syndicats, le gouvernement prévoit de prendre le pouls des régions et des usagers dans le courant de la semaine... Le gouvernement pourrait être ainsi tenté de transférer localement la gestion des petites lignes que certaines régions veulent sauver à tout prix...

Concernant l'épineuse question de la mise en concurrence, qui doit commencer en 2019 et s'achever au plus tard en 2023 pour les lignes subventionnées, selon un accord conclu au niveau européen, le rapport se penche sur la question du transfert des personnels vers les nouveaux opérateurs. Pour donner de l'air à SNCF Réseau, il recommande par ailleurs de transférer à l'Etat une partie de sa dette.

Projet de loi mobilités

Les arbitrages du gouvernement doivent être en partie intégrés au projet de loi mobilités, prévu pour avril, qui comportera d'autres chapitres tout aussi lourds comme les grands projets d'infrastructure...

Sur la base de ce rapport Spinetta, le gouvernement veut en finir avec les rafistolages réalisés au fil du temps et s'attaquer pour de bon au devenir du groupe dont les finances restent très déséquilibrées sur fond d'incidents de fonctionnement à répétition et de sous-investissement...

Parmi les 43 recommandations, certaines font jaser... Principalement l'idée de ne plus embaucher sous le statut de cheminot au sein de la SNCF, ou encore d'enrayer l'expansion des lignes TGV. Le rapport s'interroge aussi sur la pertinence de maintenir certaines lignes peu utilisées. Enfin, parmi les propositions faites, celle de recourir à des plans de départs volontaires, qui pourraient concerner 5.000 personnes, et là encore, cette annonce passe (très) mal...

La ministre des Transports veut avancer vite !

Elisabeth Borne, dans une interview au 'Journal du Dimanche', a affirmé que "tous les sujets seront sur la table". Des discussions qui s'annoncent musclées avant un premier compte-rendu prévu le 26 février, selon la ministre.

Chaque année, la SNCF s'endette d'environ 3 milliards d'euros supplémentaires. Une situation jugée intenable pour le groupe. En 2018, sa dette cumulée atteindra les 50 milliards d'euros, de quoi envisager de prendre des mesures dans les plus brefs délais...

Les syndicats sont remontés

La CGT, syndicat majoritaire de la SNCF a donc d'ores et déjà appelé les salariés de la compagnie ferroviaire à faire grève le 22 mars contre les projets de réforme envisagés...

Dans 'Le Parisien', Laurent Brun a menacé le gouvernement de "grèves dures" s'il voulait engager une épreuve de force avec les cheminots. Mais la ministre des Transports, Elisabeth Borne, n'hésitera pas à tenir tête aux syndicats dans cette épreuve... Elle a en effet affirmé dans son interview au "JDD" ne pas envisager de "statu quo" à l'issu des discussions...

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