Réforme de la SNCF : les Français favorables à l'abandon du statut des cheminots

Réforme de la SNCF : les Français favorables à l'abandon du statut des cheminots
Gare Saint-Lazare Paris

Boursier.com, publié le mardi 27 février 2018 à 07h35

Plus des deux tiers des Français sont favorables à l'abandon du statut des cheminots, selon un sondage diffusé ce mardi. Une majorité de personnes interrogées (59%) se disent aussi favorables à ce que la réforme passe par les ordonnances, d'après ce pointage réalisé par RMC, Atlantico et Harris Interactive.

En revanche, 43% des Français affirment soutenir les grèves et manifestations à venir. Ce sondage a été réalisé en ligne le lundi 26 février auprès de 1.010 personnes. Le gouvernement a annoncé hier lundi qu'il déposerait mi-mars un projet de loi d'habilitation pour réformer la SNCF par ordonnances mais souhaite que ces dernières soient remplacées par des dispositions législatives classiques lors de l'examen au Parlement, a annoncé Edouard Philippe.

L'exécutif veut ainsi éviter le blocage d'une réforme qu'il juge nécessaire pour garantir la survie du système ferroviaire français, a expliqué le Premier ministre lors d'une conférence de presse. "Face à l'urgence", l'objectif est de faire voter les principes-clés de la réforme "avant l'été", a encore expliqué le Premier ministre.

Aller plus vite

Le gouvernement choisit donc d'utiliser la même méthode que lors du vote de la loi Travail, ce qui a déjà fait réagir les syndicats... Les cheminots de la CGT, de l'Unsa, de Sud et de la CFDT avaient prévu dès la fin de la semaine dernière de se réunir dès ce mardi, pour faire le point sur les annonces d'Edouard Philippe, et décider ou non de lancer une grève unitaire.

La CFDT-Cheminots proposera aux trois autres syndicats représentatifs de lancer un appel à la grève reconductible à partir du 12 mars. Pour l'heure, la CGT-Cheminots, l'Unsa-ferroviaire, Sud-Rail ainsi que Force ouvrière, qui n'est pas représentative, ont appelé à manifester le 22 mars, une date qui coïncide avec une journée de mobilisation dans la fonction publique

Paquet en vue

Le recours aux ordonnances permettrait de faire passer le texte plus vite, alors que le "quatrième paquet ferroviaire" européen, qui inclut l'arrivée de la concurrence sur les rails, doit être transcrit dans le droit français avant fin décembre.

Mais elle permettrait surtout d'éviter de longs débats à l"Assemblée nationale, ce qui n'est pas sans attiser la colère de l'opposition et des syndicats...

Les petites lignes ne seront pas fermées

Sur le fond, a réforme ne se traduira pas par moins d'argent, a assuré Edouard Philippe. Elle ne suivra pas le rapport Spinetta sur la fermeture de petites lignes, elle ne touchera pas les retraites des cheminots et elle ne préparera pas une privatisation. Il a en revanche souhaité qu'elle mette fin aux recrutements sous le statut de cheminot à partir d'une date soumise à la concertation.

La dette de la SNCF menace "d'engloutir tout le système", a-t-il dit, en précisant que quand l'entreprise aura commencé sa transformation, l'Etat "prendra sa part de responsabilités avant la fin du quinquennat" pour assurer la viabilité du système ferroviaire...

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