Réforme de la SNCF : négociations à haut risque avec les syndicats

Réforme de la SNCF : négociations à haut risque avec les syndicats
SNCF agent

Boursier.com, publié le jeudi 01 mars 2018 à 10h03

La ministre des Transports a ouvert ce jeudi la concertation sur la réforme de la SNCF avec les syndicats de cheminots. Elisabeth Borne va recevoir successivement les représentants de la CGT, de l'UNSA ferroviaire, de Sud Rail, de la CFDT et de Force ouvrière (FO) cheminots.

Les fédérations CGT, Unsa, Sud et CFDT ont décidé d'attendre le 15 mars pour se prononcer sur l'opportunité d'une grève unitaire afin de dénoncer le "passage en force" du gouvernement, qui n'exclut pas de recourir aux ordonnances comme pour la loi Travail.

Calendrier à suivre

La concertation portera notamment sur le calendrier de l'ouverture à la concurrence et sur le sort des salariés amenés à changer d'entreprise dans le cas où la SNCF perdrait des contrats. En revanche, l'exécutif n'a pas l'intention de renoncer à la suppression du statut des cheminots pour les futures recrues, l'un des points les plus sensible du dossier...

Le gouvernement déposera à la mi-mars un projet de loi d'habilitation à procéder par ordonnances et mènera jusqu'à fin avril la concertation sur chaque axe de la réforme...

Bond en arrière

Hier, le patron de la SNCF a estimé que personne n'avait intérêt à entamer un conflit social dur... Une telle grève serait un "formidable bond en arrière", au moment où la SNCF affiche de bons résultats pour 2017, a déclaré Guillaume Pépy sur la CNEWS. "Personne, ni les cheminots, ni les syndicats, ni les clients, ni notre pays n'a intérêt à ce qu'il y ait une grève longue au moment où le train repart", a-t-il dit...

Cela entraînerait une perte de confiance des Français dans le train, mettrait en danger la dynamique en faveur du rail, pousserait les entreprises à se tourner vers la route pour le fret et affaiblirait durablement la SNCF avant l'ouverture du transport de voyageurs à la concurrence a-t-il poursuivi...

Question de statut

Guillaume Pepy a au contraire de nouveau défendu la réforme annoncée par le gouvernement, qui prévoit notamment une remise en cause du statut de cheminot, pour préparer la SNCF à la concurrence. Faute de réforme, la SNCF se fera "bouffer par des concurrents", a-t-il averti... "Il y a une très grande urgence à réformer, parce qu'on a d'abord trop tardé ... Si la SNCF n'est pas prête, elle va se faire balayer !"

Un des enjeux de la réforme est notamment le traitement de la dette écrasante de la SNCF, qui ne sera pas reprise par l'Etat sans transformation de la SNCF, a averti le gouvernement. A ce propos, Guillaume Pepy a mis en cause la politique de l'Etat qui a, selon lui, "laissé la SNCF s'endetter avec des tas de projets depuis 30 ans", avec pour résultat 46 milliards d'euros de dette, ce qui "n'est plus possible...".

Pas de scénario catastrophe

Guillaume Pepy avait déjà expliqué la semaine passée ne pas croire à un scénario de blocage, malgré le mécontentement des syndicats... "Si on veut que le train marche mieux, tout le monde a intérêt à une réforme", avait-il expliqué sur Franceinfo.

"Les syndicats de cheminots, les cheminots ont intérêt à ce qu'il y ait un avenir pérenne pour la SNCF" ... "Je suis persuadé que l'écoute et la concertation, la négociation vont permettre d'éviter une grande grève".

Capacité d'adaptation

"En France, tout le monde adore se faire peur et adore dire que la France n'est pas réformable", avait poursuivi Guillaume Pepy. "Je connais les cheminots, je sais qu'ils ont trois qualités : d'abord un savoir faire incomparable, ensuite ce sont des gens qui sont incroyablement engagés pour le train et la troisième chose, c'est des gens qui savent s'adapter. Regardez les évolutions que la SNCF a connues depuis dix ou quinze ans, ça montre une sacrée capacité d'adaptation !"

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