Réformes fiscales 2018 : avantage aux plus riches, selon l'Insee

Réformes fiscales 2018 : avantage aux plus riches, selon l'Insee
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Boursier.com, publié le mardi 19 novembre 2019 à 21h28

Les mesures fiscales prises en 2018 ont entraîné une hausse du pouvoir d'achat pour tous les Français, avec un léger avantage pour les ménages les plus aisés, selon une étude de l'Insee publiée mardi.

Le dernier rapport annuel "France, portrait social", publié par l'Insee et mis en ligne mardi, s'est notamment penché cette année sur les effets des mesures fiscales prises en 2018 par le gouvernement sur les revenus des ménages français.

L'étude porte uniquement sur 2018 et ne prend donc pas en compte les effets des mesures prises par le gouvernement en réponse au mouvement social des "gilets jaunes", qui atteignent 17 milliards d'euros sur 2019 et 2020.

+1,1% de pouvoir d'achat global, mais +1,4% pour les plus aisés

Les économistes constatent que les réformes fiscales de 2018 ont entraîné une hausse du pouvoir d'achat pour tous les Français, mais avec un avantage pour les ménages les plus aisés. L'effet consolidé de ces mesures a ainsi conduit à une hausse globale du niveau de vie de 1,1%, mais cette augmentation s'est élevée à 1,4% pour les 10% de Français les plus aisés.

"Les mesures socio-fiscales mises en oeuvre en 2018 font augmenter le niveau de vie beaucoup plus fortement sur cette catégorie (+790 euros par an en moyenne), que pour le reste de la population (+130 euros à +230 euros en moyenne par an)", souligne l'Insee.

La période étudiée tient compte de la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), remplacé par l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) ainsi que de la création du prélèvement forfaitaire unique (PFU ou "flat tax") de 30% sur les revenus du capital.

La hausse de la CSG a pénalisé les retraités

L'étude prend aussi en compte la réduction de la taxe d'habitation, et le transfert d'une partie des cotisations sociales vers la CSG. Cette bascule a profité "principalement aux personnes qui travaillent et a désavantagé les retraites", relève l'Insee.

En réponse au mouvement des "gilets jaunes", démarré en novembre 2018, le gouvernement a toutefois rectifié le tir en relevant le seuil de revenus à partir duquel les retraités sont soumis à la hausse de CSG. Parmi les mesures de soutien au pouvoir d'achat entrées en vigueur en 2019, le gouvernement a également défiscalisé et exonéré de charges sociales les heures supplémentaires, puis a mis en place une baisse de 5 milliards d'euros de l'impôt sur le revenu, qui entrera en vigueur en 2020.

Carburants, tabac : le poids de la fiscalité indirecte

Globalement, les personnes de niveau de vie intermédiaire ont surtout bénéficié en 2018 de la baisse de la taxe d'habitation et de la bascule des cotisations sociales vers la CSG. Les 10 % de personnes les plus aisées ont de leur côté surtout bénéficié du remplacement de l'ISF par l'IFI et de la création de la "flat tax". Quant aux 10% les plus pauvres, leur niveau de vie a aussi progressé du fait des réformes, mais leurs gains sont plus faibles que pour l'ensemble de la population.

L'Insee relève en outre que la hausse des prélèvements indirects (taxes sur les produits pétroliers et sur le tabac notamment) a réduit les gains de pouvoir d'achat de 0,4 point pour l'ensemble de la population, mais précise qu'elle a pénalisé davantage les Français les plus modestes, pour qui les dépenses de transport, notamment, représentent d'importants coûts fixes incompressibles.

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