Relance et déconfinement: LR joue sa carte à l'Assemblée

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Damien Abad, président des députés LR à l'Assemblée Nationale, le 28 avril 2020 à Paris
Damien Abad, président des députés LR à l'Assemblée Nationale, le 28 avril 2020 à Paris
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© AFP, David NIVIERE, POOL

AFP, publié le jeudi 11 juin 2020 à 17h46

Alors que le gouvernement vient de présenter son troisième budget de crise, LR a tenté de "challenger la macronie" jeudi à l'Assemblée avec ses propres propositions économiques : allègements de charges pour les entreprises ou baisse de la TVA dans la restauration. Des mesures retoquées.

Les députés du groupe de droite soutenaient dans l'hémicycle six propositions de loi, dans le cadre de leur "niche parlementaire". Malgré leur rejet, une à une, par une majorité "sectaire" aux yeux de LR, ils entendaient se faire entendre sur "l'accélération du déconfinement économique de notre pays", face à un gouvernement qui reste prudent.

"Il y a vraiment urgence", a souligné Damien Abad, qui plaide pour "assouplir" les protocoles sanitaires afin de relancer l'activité, tout comme l'a demandé le Medef mardi. Le chef de file des députés LR réclame notamment "dès ce week-end" la réouverture des salles de restaurants et des cafés en Ile-de-France.

L'une des propositions LR rejetée dans l'après-midi visait la baisse de la TVA à 5,5% pour l'hôtellerie et la restauration jusqu'à fin 2020, une mesure qui, selon M. Abad, permettrait de sauver "un emploi par restaurant".

Mais gouvernement et majorité ont jugé cette disposition "pas opportune", mettant en avant les autres aides apportées au secteur : chômage partiel, fonds de soutien, exonérations...

Dans la matinée, l'Assemblée avait rejeté deux autres textes : celui d'Eric Woerth pour transformer le chômage partiel en baisse de charges, puis la proposition de Guillaume Peltier pour une exonération totale de charges patronales pendant deux ans sur toute embauche en CDI d'un jeune de moins de 25 ans.

La droite a défendu une "logique de masse", pour "aller beaucoup plus vite" et  mettre un tigre dans le moteur". 

Mais la ministre du Travail Muriel Pénicaud s'oppose à des mesures "parcellaires", et préfère "des dispositifs mieux ciblés", "plus exigeants en matière de maintien dans l'emploi". Elle a notamment insisté sur le plan jeunes prévu début juillet.

La gauche, qui a soutenu la mesure "ponctuelle" sur la TVA dans la restauration, a néanmoins critiqué les "effets d'aubaine" des propositions LR, et une "logique de l'offre" en faveur des entreprises.


Autres mesures examinées dans l'après-midi: des annulations de charges pour les PME jusqu'au 15 juillet, ou une modification temporaire des compétences des collectivités afin de permettre aux départements d'intervenir au niveau économique, avec des subventions aux artisans et aux petites entreprises.

- "Rafistolage et sparadraps" -

Damien Abad estime prendre le "contrepied" de la majorité, qui fait "un plan de relance saucissonné secteur par secteur", à coups de "rafistolage et de sparadraps".

Selon la "marcheuse" Cendra Motin, la philosophie est pourtant relativement proche. "On se retrouve, sauf que LR propose une longue litanie de dépenses fiscales, sans jamais mettre de recettes en face".

Le troisième budget rectifié face à la crise du coronavirus, présenté mercredi, prévoit un effort supplémentaire d'environ 45 milliards d'euros pour les secteurs les plus touchés, comme le tourisme (18 milliards) ou l'automobile (8 milliards) ou une aide de 4,5 milliards d'euros pour les collectivités, pour un soutien total de 460 mds d'euros depuis le début de la crise. 

Ce texte, qui table sur une récession record de 11% en 2020 et une dette de 120,9%, est attendu en première lecture fin juin à l'Assemblée et mi-juillet au Sénat.

Sur le front du chômage, l'exécutif redoute un "choc considérable", avec la destruction de 800.000 emplois.

De leur côté, les LR ne cessent de répéter qu'ils veulent incarner une opposition "crédible et responsable" et se distinguer des "surenchères" des Insoumis ou de Marine Le Pen.

Le parti de Christian Jacob a présenté début juin un plan de relance global de 250 milliards d'euros, intégrant certaines des propositions de loi présentées ce jeudi, mais aussi le sujet sensible du temps de travail. La droite veut "permettre par la négociation d'entreprise, d'augmenter le temps de travail" de manière annualisée "et d'augmenter ainsi les salaires".

Autre idée forte, à l'heure du retour de la droite sociale, la participation, dont LR veut faire profiter "tous les salariés" avec un objectif de "10% de la rémunération". Mais cela ne faisait pas partie des textes défendus jeudi.

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