Remaniement : Emmanuel Macron garde le cap malgré les orages

Remaniement : Emmanuel Macron garde le cap malgré les orages©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 17 octobre 2018 à 00h50

Quelques heures après le remaniement gouvernemental, le président de la République s'est exprimé mardi soir à 20h sur les chaînes de radio et de télévision. Emmanuel Macron a exclu tout tournant ou changement de cap, tout en reconnaissant que son "parler-vrai" et sa "détermination" avaient pu "choquer" ces derniers mois.

Lors d'une allocution d'une dizaine de minutes enregistrée à l'Elysée, il a ajouté que "ce dont vous pouvez être sûr au contraire, c'est qu'il y a une volonté d'action qui n'a rien perdu de son intensité et que cette volonté est aujourd'hui plus forte encore".

"J'ai pu déranger ou choquer" avec "mon parler-vrai"

Alors que la popularité de l'exécutif est en berne après l'affaire Benalla et plusieurs démissions de ministres (Gérard Collomb, Nicolas Hulot, Laura Flessel), Emmanuel Macron a reconnu que le sens de son action a pu être moins perceptible ces cerniers mois, "d'abord parce que parfois par ma détermination ou mon parler-vrai j'ai pu déranger ou choquer certains et j'entends les critiques", a-t-il assuré. "Ensuite parce que nous avons vu réapparaître les moeurs anciennes et le poison de la division, de l'instabilité."

Il a assuré les Français que l'exécutif travaillait à une amélioration de leurs conditions de vie. "Je sais qu'il y a de l'impatience, je la partage", a-t-il dit. "Progressivement, j'en suis sûr, votre quotidien va s'améliorer parce que le gouvernement est sur la bonne voie et surtout il s'est attaqué à la racine des problèmes".

Le président promet de l'écoute et du dialogue

"Nous avons à transformer en profondeur l'Etat et nos fonctions publiques (...), nous devons aussi changer les règles de notre retraite pour qu'elles soient les mêmes pour tous les Français", a-t-il souligné. "Nous devons aussi permettre à nos policiers et à nos gendarmes de mieux relever les défis du quotidien comme de la lutte contre le terrorisme en leur donnant davantage de moyens, en simplifiant aussi les procédures du quotidien".

Alors que les tensions sont fortes avec les élus locaux, Emmanuel Macron a promis "de l'écoute, du dialogue et de s'appuyer sur toutes les forces du progrès et de la réforme, les associations, les élus locaux dans tous nos territoires et en particulier nos maires". "Nous avons besoin en ces temps troubles de toutes les énergies de la nation et de toutes les bonnes volontés", a-t-il ajouté.

Un duo Castaner-Nuñez à l'Intérieur

Le remaniement gouvernemental a été annoncé ce matin par communiqué de la présidence de la République. Le nouveau gouvernement comprend 34 membres (hors Premier ministre) dont 15 personnes issues de la société civile.

Le "marcheur" Christophe Castaner, fidèle d'Emmanuel Macron, a été nommé au ministère de l'Intérieur, où il sera secondé par Laurent Nuñez, le patron de la sécurité intérieure (DGSI), qui devient secrétaire d'Etat à l'Intérieur. M. Castaner quittera la tête de LaREM "dans les jours qui viennent", a-t-il précisé mardi.

Par ailleurs, le centriste "constructif" Franck Riester est nommé au ministère de la Culture, Didier Guillaume, ancien patron des sénateurs socialistes, est nommé ministre de l'Agriculture et le Modem Marc Fesneau est nommé ministre chargé des relations avec le Parlement.

Le grand ministère des Territoires, un geste envers les collectivités

Un autre changement notable lors de ce remaniement est la formation d'un grand ministère des Territoires, piloté par Jacqueline Gourault, ancienne secrétaire d'Etat à l'Intérieur, qui est donc nommée ministre des Territoires.

Ce nouveau ministère (qui remplace celui de la Cohésion des territoires) est doté de deux autres ministres en renfort, Sébastien Lecornu, en charge des Collectivités et Julien Denormandie, en charge de la Ville et du Logement.

Enfin, Gabriel Attal devient secrétaire d'Etat à l'Education, Emmanuelle Wargon secrétaire d'Etat à la Transition écologique, Christelle Dubos secrétaire d'Etat aux Solidarités et la Santé, et Agnès Pannier-Runacher secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances.

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