Renault: "il faut accepter qu'il y ait une partie de restructurations", estime Agnès Pannier-Runacher

Renault: "il faut accepter qu'il y ait une partie de restructurations", estime Agnès Pannier-Runacher
Des salariés et des syndicalistes bloquent le site de l'usine Renault de Choisy-le-Roi, le 2 juin 2020 près de Paris

AFP, publié le mercredi 03 juin 2020 à 10h29

La secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher a estimé mercredi que des restructurations devaient être acceptées chez Renault, qui va bénéficier d'un prêt garanti par l'Etat de 5 milliards d'euros.

"Nous accompagnons Renault dans une des plus graves crises de son histoire, et pour ce faire, il faut accepter qu'il y ait une partie de restructurations", a-t-elle déclaré au micro de France Inter.

"Ce sont des postes qui sont supprimés, c'est pas des personnes qui partent, c'est pas des personnes qui sont mises au chômage du jour au lendemain", a-t-elle précisé.

"J'ai été trop marquée dans ma jeunesse par les suppressions d'emploi dans la sidérurgie, le textile, où on commençait par dire +il ne va rien se passer+ et finalement on regardait partir des pans entiers de l'économie", a rappelé la ministre.

Interrogée pour savoir si le gouvernement prenait l'engagement qu'il n'y aurait pas de licenciements secs chez Renault, comme l'a promis son président Jean-Dominique Senard, Mme Pannier-Runacher a déclaré: "Surtout, je lui renvoie cet engagement".

"Nous l'avons poussé dans ses retranchements et nous avons poussé Renault pour qu'il reconsidère de manière très claire par exemple la question de Maubeuge", a-t-elle ajouté.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est félicité mardi d'avoir obtenu la préservation de l'emploi et des capacités industrielles sur le site de Maubeuge (Nord), menacé de fusion avec celui de Douai.


En difficulté financière et victime de l'effondrement du marché automobile, Renault avait annoncé vendredi la suppression de 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France, avec des départs volontaires et sans licenciements, dans le cadre d'un plan d'économie jusqu'en 2023.

Sur les 14 sites industriels de Renault dans l'Hexagone, un seul est définitivement voué à la fermeture, celui de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) dont les salariés ont fait grève mardi contre le transfert de l'activité de recyclage prévu vers Flins (Yvelines).

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